Hibernatus



Après avoir vécu un moment inoubliable avec ma copine Carine sur le glacier Svínafellsjökull, j'ai profité de ce retour en Islande pour aller voir ce qui se passe SOUS un glacier.

J'ai cette fois pris la direction de Langjökull, le deuxième plus grand glacier du pays. Le départ se fait du terrain de camping d'Húsafell, à 65 km de Borgarnes, et uniquement en présence de guides chevronnés. Si vous pouvez vous rendre par vos propres moyens au point de ralliement, il faut obligatoirement passer par l'excursionniste Into the Glacier pour la suite du trajet.


Húsafell


Un bus classique vous amène alors au plus près de la montagne où vous grimperez à bord d'un "monster truck", qui n'est autre qu'un ancien véhicule de l'armée allemande transformé en bus tout terrain.


Monster truck 


La conduite sur glacier ne s'improvise pas. Le chauffeur nous explique que les énoooormes pneus sont gonflés et dégonflés pendant la conduite pour s'adapter au mieux aux irrégularités du terrain et à la neige qui vient se coller aux roues. C'est la première fois que je m'aventure dans les Hautes Terres et il me tarde d'y retourner l'été prochain pour les revoir plus longtemps.

Il faut un peu moins d'1 heure pour rejoindre le tunnel et un arrêt pipi est prévu au camp de base Klaki avant de s'enfoncer sous la glace. Détail qui a son importance pour les micro-vessies !

La vue qui s'offre à moi lors de cet arrêt "technique" est saisissante et la pâle lumière de l'hiver rend les couleurs sublimes. 2 corbeaux viendront parfaire le cliché. Rien à faire, je suis une fille du nooord... 💙


Langjökull 


La visibilité étant excellente ce jour-là, aucune balise GPS n'a été nécessaire au chauffeur pour retrouver l'entrée du glacier, alors que cette même excursion avait été annulée la veille, tempête oblige. L'équipe d'Into the Glacier nous précise que parfois, les conditions sont tellement extrêmes que seule l'utilisation de la balise leur permet de rejoindre le tunnel, armés de leurs pelles pour y dégager un passage. Estimons-nous heureux de ces -8 degrés et d'avoir eu le soleil jusqu'à 15h30 !


Coucher de soleil dans les Hautes Terres 


L'arrivée sur le spot est surprenante. L'entrée au glacier est de la taille d'une porte, une espèce de toile de tente épaisse et étanche. Ça n'est pas quelque chose qu'on voit tous les jours, même en Islande. À ce jour, c'est le plus grand tunnel de glace du monde creusé par l'homme !


Into the Glacier


Mon guide s'appelle Fannar, il est archéologue de formation. Je ne pouvais pas tomber sur plus islandais ! Drôle, taquin, barbu, il m'apprendra plein de choses sur Langjökull pendant cette heure passée à 40 mètres sous la glace et avec, comme tout Islandais qui se respecte, une bonne dose de dérision 😀

La température dans le glacier (ça fait toujours bizarre de dire ça) est agréable, entre 0 et 1 degré. C'est en fait une cavité artificielle d'environ 500 mètres. Elle représente à peine 0,00275% de la surface totale de Langjökull, c'est dire notre insignifiance à l'échelle de Dame Nature.

On vous fournit des crampons à adapter à vos chaussures à l'entrée alors inutile d'en acheter avant. Une fois à l'intérieur, vous avez 30 ans de formation d'un glacier devant vous. Cette ligne noire coincée dans ce mur bleu n'est autre que l'éruption de l'Eyjafjallajökull !



Fannar nous informe que le glacier bouge sans arrêt, et que sans l'action de l'homme, ce tunnel se serait déjà refermé. Et si le glacier Langjökull est l'un des seuls à avoir regagné 100 mètres malgré le réchauffement climatique, les scientifiques pensent que d'ici 5 générations, il ne restera plus rien de tout ça si les choses ne changent pas dans les prochaines années. C'est dire si je me sens privilégiée d'avoir vécu cette expérience extraordinaire.




À l'intérieur, chaque "pièce" a un attrait particulier: crevasse vue d'en haut, d'en bas, glace revenue à l'état liquide, occasionnellement chapelle ou dance-floor (!), tunnel laissé en l'état pour montrer la place qu'a repris la glace depuis l'ouverture il y a 1 an et demi (on n'y passe plus qu'à 1 personne), etc.























J'ai adoré cette excursion et vous la recommande chaleureusement ! Les gens qui gèrent le lieu sont des passionné(e)s dont le but est de rendre leurs connaissances accessibles au plus grand nombre. Cette vulgarisation scientifique devrait être prise en exemple par bon nombre d'autres organisateurs en Islande, vraiment !

À plusieurs reprises, Fannar mettra en avant le respect qu'il porte à la nature fragile de l'île et insistera bien sur le fait que l'objectif d'Into the Glacier n'est pas de s'en mettre plein les fouilles mais bien d'offrir aux gens lambda l'opportunité de vivre quelques heures dans la peau d'un chercheur. C'est une sorte de "musée éphémère" qui n'a pas vocation à durer indéfiniment. Courez-y vite ! Et si vous avez mauvaise conscience, sachez que les émissions de gaz à effet de serre sont compensées, 5000 arbres étant plantés chaque année.

Et un dernier petit conseil: l'eau vendue en bouteille en Islande provient majoritairement du glacier Langjökull. Les industriels ne font rien d'autre que la mettre en bouteille sans traitement alors qu'elle sort telle quelle du robinet. Bref, n'achetez pas d'eau en bouteille à votre arrivée ! Remplissez votre gourde au robinet...ou depuis l'intérieur du glacier quand vous y serez ! 😏





Une chaleureuse obscurité



Si vous allez en Islande en hiver, préparez-vous à entendre ces 2 questions au retour: " Vous n'avez pas eu trop froid ?" ou "Mais il ne fait pas noir tout le temps ?". Vous aurez beau répondre "non", on ne vous croira pas.

Et pourtant, contrairement aux idées reçues, le froid en Islande est carrément supportable. Un dicton dit d'ailleurs "Il n'y a pas de mauvais temps, que des mauvais vêtements." 😉

Pour vous donner une idée, je suis partie du 27 décembre au 02 janvier. À Reykjavík, nous avons eu 2-3 degrés en moyenne, soit plus chaud qu'à Paris à la même époque, si si !! Et puisque nous sommes en plein épisode de grand froid en France en ce moment, allez donc jeter un œil à la météo islandaise: cet après-midi, nos copains vikings bénéficient d'un généreux 0°c dans la capitale. Merci le Gulf Stream ! Les températures sont rarement négatives, sauf en pleine nuit ou si vous vous éloignez des côtes méridionales.

Quant à la lumière du jour en décembre, les relevés officiels annoncent 11h30 pour le lever du soleil et 15h30 pour son coucher. En réalité, vous pouvez ajouter 1 heure de lumière avant et après. Ça n'est pas la luminosité dont on a l'habitude en France mais on y voit clair et cela créé une ambiance particulière, bleutée, un peu magique.


Dómkirkjan


Partir fin décembre reste quand même un pari, au même titre que se rendre dans une île tropicale en période cyclonique. Nous avons essuyé une forte tempête (comme l'année dernière) qui s'est en allée aussi vite qu'elle est arrivée. Le lendemain, le vent avait chassé les nuages et nous avons profité de 2 magnifiques journées ensoleillées. Un pari, je vous dis...















Je ne regrette absolument pas d'avoir (re)découvert Thulé à cette époque de l'année. Y passer un Nouvel-An a même été ma meilleure idée de 2016 ! Cela faisait bien longtemps que je ne m'étais pas autant éclatée !

Un réveillon classique pour un Islandais, c'est: tirer des feux d'artifices quelques jours avant le 31 et aussi après (1 semaine de pétarades non-stop !), se rendre autour d'un des feux de joie disséminé çà et là en ville, profiter des siens autour d'un bon repas le soir du réveillon, regarder l'émission satirique "Áramótaskaup" (produite cette année par Jón Gnarr, l'ancien maire-clown-punk de Reykjavík) avant d'aller admirer et/ou tirer des feux d'artifices, les plus fous que j'aie jamais vus !!!!

Ne parlant pas islandais, je n'ai évidemment pas regardé "Áramótaskaup", ni eu le temps d'aller rejoindre les locaux autour d'un feu de joie. J'ai passé la journée au Blue Lagoon, alibi imbattable.


L'entrée du Blue Lagoon


J'en profite pour vous dire qu'avec l'agrandissement du célèbre spa, on ne ressent pas du tout l'effet de l'augmentation du nombre de touristes, si ce n'est à l'entrée. Pas de foule dans les vestiaires, de la place pour barboter et même pas de cohue aux snack-bars. Peut-être suis-je tombée sur une journée avec une fréquentation moindre, festivités du soir oblige, mais cela a en tout cas été une vraie bonne surprise !


Blue Lagoon


En rentrant le soir, nous avons aperçu une légère aurore boréale en traversant la péninsule de Reykjanes. L'hiver 2016-2017 n'est apparemment pas un hiver à aurores boréales. Les 3 que j'ai vues apparaissaient blanches à l'œil nu et si on ne me les avaient pas montrées, pas sûr de les avoir aperçues.

J'ai par contre eu le bonheur de déguster un vrai repas de fête islandais grâce à ma copine Caroline, qui vit désormais sur l'île fantastique et qui nous avait concocté un repas typique, arrosé de la boisson traditionnelle de Noël "Malt og appelsín" (malt et orange): jambon de noël, agneau fumé (que vous verrez souvent là-bas, sous le nom "hangikjöt"), petits pois, chou rouge cuit et "jólakaka", le gâteau de Noël à base de raisins secs.




Une fois le ventre plein, nous nous sommes tous dirigés vers l'église Hallgrímskirkja, que l'on peut considérer comme notre Tour Eiffel. L'avenue Skólavörðustigur était noire de monde, ça pétait de partout, bien avant minuit, et cela a duré jusqu'au petit matin.

Ce ne sont pas les municipalités qui gèrent ces spectacles en Islande mais des semi-professionnels. Autant vous dire que ça tourne vite au concours du quartier qui tirera les plus beaux feux, pour notre plus grand plaisir ! 😀




Les ventes de pétards, fusées et feux d'artifices sont autorisées en Islande, une partie des bénéfices étant reversée aux sauveteurs bénévoles de l'île. Cette année, c'est 500 tonnes qui ont été tirées par 200 000 personnes - et on en faisait partie !


Arnarhóll


Le lendemain, rien de tel qu'un bain de mer à 3 degrés pour nous remettre de nos émotions ! Tous les ans, certains givrés, souvent déguisés, se jetent à l'eau à Nauthólsvík, la plage de la capitale la plus septentrionale d'Europe. Et là aussi, on en faisait partie ! 😁 On a même eu la chance de croiser Ilmur Kristjánsdóttir, l'actrice qui joue le rôle de la policière dans la série "Trapped", diffusée l'an dernier sur France 2 ! 


Nauthólsvík


Encore tous mes vœux pour 2017 ! Soyez fous, soyez vous et allez en Islande ! J'y retourne en août...




Le 31/12/2016 à Reykjavík (i woz ere)




Au revoir, la Scandinavie !



2016 aura été ma dernière année passée en Scandinavie continentale.

Après le Danemark en 2012, la Norvège et la Suède en 2014, j'ai découvert la Finlande méridionale, sa capitale Helsinki et l'archipel Åland.

L'Islande a bien évidemment rythmé ces 12 derniers mois avec mon 5ème roadtrip, cette fois dans les fjords de l'Ouest en juin dernier, et mon tout premier Nouvel-An passé à Reykjavík.

Pour 2017, je vous souhaite bien évidemment la santé mais aussi de nombreux voyages, que ce soit dans la région d'à côté ou à l'autre bout de la planète.

Au programme pour ma petite famille et moi: 7ème et dernier retour en Terre de Glace, à la découverte des terres intérieures ! L'augmentation constante du nombre de touristes m'effraie un peu et j'aimerais voir ces endroits avant  leur transformation programmée.

2017 me semble être ma dernière chance avant que le pays ne bascule complètement dans ce tourisme qui ne me parle pas, avec bus partout dans les sites sauvages, pistes désormais goudronnées et perches à selfie all around...

Cet adieu va s'annoncer très riche en émotions...

En attendant, voici la rétro 2016 de mes 2 voyages en Thulé et de quelques coins de Finlande.


Hörgshlíðdarlaug
Önundarfjörður


Steingrímsfjörður
Dynjandi












Krossneslaug

Turku
Åland







Mer Baltique


Hanko





Bamböle

Nouvel-An à Reykjavík

Blue Lagoon
Langjökull
Premier bain de mer de l'année par 2 degrés



Gleðilegt nýtt ár ! Bonne année ! 


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