À l'ouest de notre Éden



Vous vous souvenez de Caroline, ma copine folle d'Islande avec qui j'ai découvert Reykjavík en hiver, après une virée entre Hafnarfjörður et Borgarfjörður ?

Caroline est en "EDI" (Expatriation à Durée Indéterminée) sur notre île fantastique, et ce depuis le 17 avril dernier. Tous les copains débarquent pour lui rendre visite et il n'y a pas de raison que je n'en fasse pas de même !

Pour mon cinquième retour en Islande, nous partons donc découvrir les fjords de l'Ouest !!!!

C'est une première pour toutes les deux.

Si Caro est une habituée de Drangsnes, à l'est de l'Ouest islandais (vous me suivez ?), elle n'a pas encore eu l'occasion de découvrir les fjords à l'ouest de l'Ouest islandais (vous me suivez toujours ?)

C'est donc sans aucune volonté de cacher mon excitation que je vous dévoile notre road trip en juin prochain !




D26: Keflavík --> Drangsnes (309 km)

Retrouvailles avec la plus islandaise des Françaises, avant de partir pour le charmant village de pêcheurs d'Hólmavík et aller faire trempette dans les bains chauds de Drangsnes.

Caroline au large d'Hella, Strandasýsla

Les hot pots de Drangsnes
©Caroline.is



L27: Drangsnes <--> Krossneslaug (202 km)

Découverte de la côte du Strandir, pélérinage à l'usine de harengs désaffectée de Djúpavík (les fans de Sigur Rós comprendront) et baignade à Krossneslaug, piscine géothermale face à la Mer du Groenland.







M28: Drangsnes --> Ísafjörður (232km)

Attaque de la route des fjords de l'Ouest, sur laquelle se trouvent de nombreuses sources d'eau chaude. Ça devrait aider à avaler les 3 heures de route sinueuse.

Soirée à Ísafjörður, la ville préférée du Président de l'Association France-Islande.





M29: Ísafjörður --> Breiðavík (196km)

Entre autres: l'étourdissante cascade de Dynjandi, la plage de sable rouge de Rauðisandur et les macareux des falaises de Látrabjarg. J'ai un peu hâte.

 Les 2 photos sont de
©Caroline.is 




















J30: Breiðavík --> Hafnarfjörður via Flatey (en ferry)


Dernier soleil de minuit avant de le retrouver en Finlande en août prochain....

Le transfert entre les fjords de l'Ouest et Hafnafjörður s'effectuera en ferry au départ de Brjánslækur, histoire de découvrir le fjord de Breiðafjörður.

La "nuit" islandaise en été



V01: Hafnarfjörður --> Paris


Je n'aurai plus que 179 jours à patienter avant d'y retourner pour le Nouvel-An !

Nananèèère


PS: Et pour ceux qui connaissent déjà, vos bons plans (secrets) sont les bienvenus !


Kiasmos à Paris (pour la 1ère fois !)


17 avril, 00h15.

Il m'aura fallu un peu plus de 5 mois pour retrouver l'envie (le courage ?) de retourner assister à un concert. Ça ne pouvait être qu'avec Kiasmos.

Habituée à les écouter seule pour me couper de ce monde de fous furieux, je ne m'attendais cependant pas à remuer autant mon arrière-train !

Parce que Kiasmos, pour ceux qui ne connaissent pas (ça va venir), c'est un groupe de techno minimaliste qui mélange subtilement électro et classique. On voyage toujours loin avec leur musique et en live, leurs concerts se transforment en dancefloors géants !




On se laisse emporter par leur bonne humeur communicative et les touches néo-classiques si arnaldesques se fondent totalement dans l'ambiance, sans empêcher de garder le rythme hypnotisant de l'électro.

Petite bio rapide pour ceux qui n'auraient pas saisi le sens de "arnaldesques":

Kiasmos, c'est la réunion de 2 potes: Ólafur Arnalds, pianiste islandais internationalement reconnu et compositeur de la B.O de la série "Broadchurch" (récompensé d'un BAFTA en 2014 et fraîchement nommé pour 2016), et de Janus Rasmussen, originaire des Îles Féroé et membre du groupe Bloodgroup. Ils festoient ensemble depuis 2009.

Ils étaient très attendus hier (ou plutôt ce matin, devrais-je dire).

C'était leur première fois à Paris et ils ont choisi de s'y produire durant le ARTE Concert Festival.

Avant eux, 3 autres sets: la foule discute, rentre, sort (la configuration de la Gaîté Lyrique le permet), j'en fais partie et prends mon mal en patience jusqu'à 00h15.

Quand les deux beaux gosses montent sur scène, la salle est blindée, ça bouge, ça danse et ça rigole. Rien à voir avec l'ambiance un peu atone de leurs prédécesseurs.

Ólafur et Janus y sont largement pour quelque chose. Ils ont un vrai échange avec nous, mais aussi entre eux. Ils sont parfois comme absorbés par leur musique avant de revenir vers nous, tout sourire.

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Petite anecdote rigolote: entre 2 pas/sauts, mon pied tape dans un petit objet en verre. Je reconnais tout de suite la forme de cette île sur la fiole....Quoâââ ??? De l'eau-de-vie Brennivín à Paris ? Y aurait-il dans la salle d'autres fous d'Islande ?

Voilà, c'est tout ce dont j'avais besoin: faire la teuf avec une amie proche, voir cette belle communion entre ces artistes et leur public, les gens qui se prennent par l'épaule, parler et sourire à des inconnus, tout ceci m'a fait le plus grand bien. Premier point de suture sur la plaie béante du 13-Novembre.

J'attends désormais de refaire ça très vite. Je ne désespère pas de revoir un jour le groupe islandais Hjaltalín en live, que j'avais vu en première partie d'un concert au Bataclan d'ailleurs, à l'époque où on allait s'amuser sans penser à Marie, Mathias, Lola, Pierre et les autres. Helvitís fokking fokk quand même.



Kiasmos live @ Sónar Festival


Entretien avec le Président




Portrait de passionnés d'Islande: Jean-Marc

  


Peux-tu te présenter en quelques lignes ?

Je m'appelle Jean-Marc et travaille dans la fonction publique. Mon père était alsacien et ma mère normande, régions que l'on peut facilement rattacher aux pays nordiques selon moi. En tout cas, pour la Normandie, le "pays des hommes du Nord", c'est une évidence.


Quand es-tu allé en Islande pour la première fois ? Le coup de foudre a t-il été immédiat ? 

Mon histoire d'amour avec l'Islande remonte à 2009, l'année de mes 50 ans. Cela s'est fait presque par hasard mais le hasard existe-t-il vraiment ?

Le coup de foudre a été instantané, oui ! Pendant que ma famille patientait pour la location de voiture dans l'aéroport, j'ai pris la première porte vers l'extérieur pour humer l'air d'Islande. J'ai tout de suite aimé respirer cet air frais, riche en oxygène et autres senteurs maritimes.

J'ai réagi comme ces oisillons qui s'imprègnent pour la vie de la première chose qu'ils voient: mes parents de substitution sont devenus les sculptures situées à l'extérieur de l'aéroport.




Pourquoi as-tu eu envie de découvrir l'Islande ?

Aucune raison en particulier. Le choix de cette destination n'a pas dépendu de moi. Mais quand j'y repense, j'avais cette envie de me rendre dans un pays nordique quelque part au fond de moi. Cela se serait fait tôt ou tard.

Je ne m'explique toujours pas ce coup de foudre pour l'Islande mais il ne faut pas toujours chercher une explication à tout. 

Brúarfoss


Le visage du tourisme en Islande a changé. Qu'en penses-tu ?

Je n'ai pas beaucoup de recul sur le sujet mais je me suis bien rendu compte que les choses ont changé.

J'ai connu l'Islande au lendemain de la crise financière. Ce n'était pas encore une destination très prisée et le flux des touristes était gérable.

Cette année, il y aura 4 à 5 fois plus de touristes qu'en 2009, ce qui entraîne l'aménagement des sites les plus fréquentés, mais aussi la perte de l'âme de Reykjavík. Les logements de la capitale sont transformés en hébergements touristiques et les boutiques ne vendent plus que des souvenirs en provenance de Chine.

Heureusement, il reste de nombreux coins sauvages. C'est ce que je recherche maintenant.



As-tu déjà pensé à l'expatriation ? Ou à y acheter un pied-à-terre ? 

Figure-toi que oui pour ce qui est de l'achat ! Mais je rentre à peine d'Islande et mon rêve a été mis à mal. Cela nécessite beaucoup de démarches et un budget conséquent.

Je voulais me trouver un pied-à-terre avant de songer sérieusement à l'expatriation, mais je commence à trouver que mon travail en France n'est qu'une accumulation de contraintes. Plus ça va et plus j'ai besoin d'air.

L'Islande n'est peut-être pas le paradis mais je m'obstine à ne regarder que le côté positif de ce pays. Toutes ces réflexions finiront bien par déboucher sur quelque chose un jour !


Tu apprends l'islandais. Est-ce une langue difficile ? 

Je suis toujours incapable de produire une phrase en islandais ! J'arrive à sortir des mots mais sans parvenir à les associer et encore moins à les décliner.

C'est une langue très difficile mais agréable à écouter. Ce subtil roulement des "r" et le "h" aspiré... Et il y a une vraie poésie dans la façon dont les choses modernes ont été nommées en islandais.

Malgré sa complexité, cela reste une très belle langue.


Si tu étais un paysage islandais, lequel serais-tu ?

Pas le Blue Lagoon, que je déteste !

Peut-être un vieux champ de lave qui s'étend jusqu'à l'horizon, avec ses roches volcaniques torturées ornées de lichens, sa mousse verte et épaisse qui adoucit les lieux et ses pieds de camarine noire.

Une lande recouverte de neige sous un beau ciel bleu, c'est pas mal aussi. Oui, ça pourrait être ça.




Quels conseils donnerais-tu à quelqu'un qui se rend en Islande pour la première fois ? 

Je lui conseillerais de ne rien attendre de spécial. De passer en mode "éponge" et d'absorber un maximum de choses.

À cette personne-là, je souhaite aussi le coup de foudre. Si elle vient en Islande uniquement pour l'ajouter à sa liste de voyages, je n'ai aucun conseil à donner.


Quels sont tes coups de cœur musicaux ? 

J'ai découvert la musique islandaise avec Sigur Rós et Amiina.

Puis j'ai suivi des cours au sein de la "petite école islandaise" à Paris, où les professeurs m'ont fait connaître les chansons qui appartiennent à leur folklore: l'hymne national, Maístjarnan, Á Sprengisandi, Vörkvöld í Reykjavík et des tas d'autres.

Et je suis désormais les retransmissions télévisées de la sélection islandaise pour l'Eurovision, concours qui fait partie de la culture musicale du pays.

J'adore la regrettée Ellý Vilhjálms, leur Dalida, mais aussi Páll Óskar, qui n'a toujours pas compris que le disco était fini depuis 40 ans.

Dans la tendance actuelle, je craque pour toutes les voix féminines: Samaris, Pascal Pinon, Hafdís Huld, Lay Low, Ragnheiður Gröndal, Mammút, etc.

Pascal Pinon 


Tu es le Président de l'association France-Islande. Peux-tu nous en dire plus ?

Cela m'est tombé dessus sans que je le souhaite vraiment mais j'ai accepté car cela colle parfaitement avec ma passion pour ce pays. L'association compte environ 180 membres, majoritairement en France mais aussi en Islande, en Belgique et en Suisse.

Nous publions une revue de 24 pages chaque trimestre et tenons au courant nos adhérents des événements afférents à l'Islande par e-mail. Nous animons également un siteun forum ainsi qu'une page Facebook. Nous essayons de tous nous rencontrer au moins une fois par an.

J'ai énormément de plaisir à rencontrer des gens qui partagent cet amour pour l'île. C'est appréciable de voir que nous ne sommes pas si fous que ça d'aimer passionnément l'Islande, qu'il y a d'autres personnes comme nous !

En tant que membre dirigeant de l'association, je suis un peu déçu du manque d'implication dans les animations et la gestion au quotidien. Mais je dois dire que je fais aussi parfois partie des gens qui ne font pas d'effort...C'est dire si le problème est compliqué à résoudre !



Le mot de la fin ?

Il n'y aura pas de fin.



Je remercie Jean-Marc d'avoir spontanément répondu par l'affirmative quand je lui ai demandé s'il accepterait de me parler de son Islande et de son rôle de Président au sein de l'association France-Islande. Toutes les photos sont de lui, NDLR.

Si vous souhaitez rejoindre les islandophiles de France, vous trouverez les modalités d'adhésion en cliquant sur ce lien. Sjáumst ! À bientôt !


Frankie goes to ...Iceland



Portrait de passionnés d'Islande: Franck




1/ Peux-tu te présenter en quelques lignes ?

Fier gaillard aux tempes blanchies par les vicissitudes d'une vie certes rude, mais ô combien passionnante, je trimballe mon impressionnant mètre 78 (et demi) dans les rue du Mans où, tel un Superman des temps modernes, j'apporte le bonheur aux petites gens dans mon bel uniforme jaune et bleu. Je n'ai qu'une passion: les phrases courtes.

Blague à part, je passe le plus clair de mon temps à chercher des nouveautés musicales, islandaises notamment. Et comme beaucoup d'amoureux de cette île, je ne rêve que de voyages où je croiserais le moins de monde possible.



2/ Quand a eu lieu ton premier voyage en Islande ? Quelles ont été tes impressions ?

Je me suis offert ce voyage pour mes 40 ans, en juin 2011, après avoir mis de côté mon rêve de découvrir l'Argentine. Sous le coup de cette frustration, ma décision a été prise en 10 minutes. Cela aura été la meilleure impulsion de toute mon existence.

L'Islande est généreuse et ne se cache pas. Sitôt sorti de l'aéroport, j'ai immédiatement été marqué par les nuages de fumée jaillissant du sol et les champs de lave cernant la route. L'image que j'avais de ce pays se voyait confortée dès la première heure.

Cette première impression restera l'une des plus puissantes. 




3/ Combien de fois y es-tu retourné ?

Après avoir fait le grand tour de l'île, j'ai voulu me spécialiser géographiquement.

En juin 2013, je suis reparti pour découvrir les fjords de l'Ouest et la péninsule Snæfellsnes. Mon dernier voyage a eu lieu en juin 2015, dans le nord du pays, de Hvammstangi à Melrakkasletta.

J'espère y retourner avant 2017 et caresse aussi l'espoir d'y faire un jour un pélerinage au festival Iceland Airwaves, de randonner à cheval, de camper dans la réserve naturelle Hornstrandir ou de faire du kayak de mer dans un fjord.




4/ Y a-t-il des choses qui te déplaisent en Islande ?

La ville, la ville et la ville ! Ce n'est pas spécifique à l'Islande, qui est un paradis pour les solitaires, mais c'est finalement le pays où je déteste le plus me retrouver enfermé. Je n'aime pas Reykjavík et n'ai fait que passer à Akureyri. J'ai l'impression d'y perdre mon temps. 

Mon Islande est exclusivement rurale, même si j'ai un faible pour les vestiges d'un passé humain, comme à Djúpavík par exemple: j'aime la décrépitude, la rouille et l'érosion. 

 



5/ L'île s'est considérablement ouverte au tourisme ces dernières années ? Qu'en penses-tu ?

On ne peut pas mépriser cette manne économique offerte à l'Islande mais mon sentiment est mitigé.

Je suis heureux que de plus en plus de gens aient envie de la découvrir mais j'ai aussi tendance à me méfier de ce tourisme de masse qui pourrait défigurer "mon" Islande.

Espérons que le pays fasse les bons choix dans la gestion du tourisme. Je ne suis pas d'un naturel optimiste mais il paraît que l'espoir fait vivre...


6/ Ta saison préférée ?

Je ne connais que l'été. Pouvoir profiter de journées de 24h est un luxe dont je profite au maximum.

Mais j'aimerais revoir des paysages que je connais sous la neige, sans doute lors d'un prochain voyage (Inch'Allah, comme disent les Islandais).





7/ Si tu étais un paysage islandais, lequel serais-tu ?

Je suis une éponge, je tombe amoureux de tous les endroits que je visite !

Mais puisqu'il faut faire un choix, je répondrai le champ volcanique de Leirhnjúkur, rude, vivant et poétique à la fois. C'est un privilège de pouvoir s'y promener seul le matin, accompagné par un léger brouillard mêlé à la fumée de la lave.




8/ Tes conseils pour un voyage réussi ?

La perche à selfie ! (sic)

Sérieusement, je conseille souvent aux gens de ne pas suivre de programme trop spécifique, la ligne droite n'étant pas toujours le meilleur itinéraire pour aller du point A au point B. Beaucoup de mes instants les plus précieux ont été des imprévus, voire des accidents.

Il faut aussi bien prendre conscience que l'île est dangereuse et qu'un incident a vite fait de tourner à la catastrophe.

Ça peut sembler cul-cul mais pour bien l'apprécier, il faut la mériter, s'y fondre harmonieusement, humblement. L'Islande, on la regarde, on la respire mais on la réfléchit aussi beaucoup

Kálfshamarsvík



9/ Quels sont tes artistes islandais préférés ?

J'ai quelque part une compilation concoctée il y a 2 ans qui doit comporter 70 à 80 artistes contemporains. Inutile de dire qu'elle mériterait une mise à jour tellement la scène musicale islandaise est bouillonnante !

J'ai une préférence pour les artistes qui chantent dans leur langue. Je citerai donc les gentilles folkeuses d'Ylja (surtout leur premier album), Samaris, Árstíðír, et surtout mes chouchous Nóra, dont l'absence totale de reconnaissance me dépasse !

10/ Le mot de la fin ?

Ce qui me surprend avec l'Islande, c'est que tout m'intéresse ! Je regarde les oiseaux, je scotche devant les fleurs, les différents types de roches, etc. Je passe ensuite un temps fou à étudier ce que j'ai vu, à nommer les espèces ou à comprendre les évolutions géologiques.

C'est depuis que je m'y suis rendu que j'ai appris à ouvrir les yeux sur tout ce qui m'entoure, à chercher la beauté dans les plus petits détails que la nature nous offre.

L'Islande est addictive. Depuis 5 ans, il ne se passe pas un jour sans que je pense au moins une fois à elle.






Merci à Franck, pour son temps, ses photos sublimes et la jolie découverte du groupe Nóra. Cette musique me semble bien addictive également ;)

Et je suis soulagée de constater que je ne suis pas la seule à être obsédée par cette île fantastique...