Des chevaux et une femme



                                                   Portrait de passionnés d'Islande: Aurélie






Peux-tu te présenter en quelques lignes ?

Je m'appelle Aurélie et j'ai 31 ans. J'habite à Paris où je travaille la semaine et passe mes week-ends entre Dunkerque et la Belgique.

Passionnée par l'Islande (forcément), je suis également férue de sport et pratique régulièrement l'équitation avec ma jument Gee Gee.

J'apprends l'islandais depuis 2 ans.


À quand remonte ton coup de foudre pour l'Islande ?

Le début de mon histoire d'amour avec l'Islande est assez atypique. J'y suis allée pour la première fois en mai 2013...contre mon gré !

Je vivais alors aux Etats-Unis. Mes parents, restés en Europe, ont voulu organiser un voyage en famille. Ne souhaitant pas rentrer pour quelques jours de vacances seulement, mon père a proposé l'Islande, à mi-chemin entre ces 2 continents. Il y avait passé 2 semaines en 1970 et en avait ramené des photos de paysages surréalistes et de l'éruption du volcan Hekla.

À l'époque, j'étais plus attirée par la chaleur et les belles plages et n'étais donc pas du tout emballée ! D'ailleurs, je n'ai même pas pris le temps d'ouvrir un guide avant le départ ! Je n'ai découvert cette destination qu'en avion, en feuilletant le magazine d'Icelandair où je me suis dit " Ah, ça a l'air pas mal quand même ! Et il y a des chevaux, super !"

Après 4 jours passés entre Reykjavík, la région du Cercle d'Or et la péninsule Snæfellsnes, je me suis surprise à pleurer à l'aéroport en attendant mon vol retour, tout en me promettant de revenir rapidement au pays des glaciers et des sources d'eau chaude.

Sur le Snæfellsjökull


Combien de fois y es-tu allée depuis ?


11 fois ! Je vais bientôt arrêter de compter !


Beaucoup reviennent d'Islande complètement accro. Comment l'expliques-tu ?

J'en suis revenue moi-même complètement accro et ne me l'explique toujours pas ! Je pense que l'Islande nous rend vivant, qu'elle nous remet à notre place d'être humain avec ses paysages grandioses. On se doit de s'y adapter et de la respecter. Elle se mérite.

Cette terre me rend heureuse, je m'y sens bien et y vis mes émotions à fond. C'est mieux que le canapé d'un psy ! Elle a d'ailleurs eu un gros impact sur ma vie et sur certains de mes choix.


Quelle est ta région préférée ?

J'aime beaucoup le nord de l'île, du côté d'Akureyri. C'est une ville charmante que je trouve très agréable.

Les fjords de l'ouest me plaisent énormément aussi. Le cadre est superbe et on ressent la rudesse des conditions de vie dues à une météo difficile. J'y ai rencontré des gens très accueillants.


Si tu étais un paysage islandais, lequel serais-tu ?


Bolungarvík, dans les fjords de l'ouest.




Quels conseils donnerais-tu à quelqu'un qui se rend en Islande pour la première fois ? 


Je lui conseillerais de faire fonctionner ses 5 sens à fond, de profiter de chaque expérience car chaque expérience est unique en Islande ! Et de respirer à fond, surtout quand on habite Paris !

Je l'inviterais aussi à utiliser son bon sens en respectant les consignes des locaux. Inutile de se mettre en danger pour quelques photos ! Si les conditions météorologiques sont mauvaises, mieux vaut changer ses plans car de toute manière, il y a toujours un plan B sympa en Islande !


Tu pratiques l'équitation. Que peux-tu nous dire sur le cheval islandais ?

Pour ceux qui ne sont jamais montés à cheval, le cheval islandais est parfait ! Sa petite taille, son caractère en or et ses allures très confortables sont ses grands atouts. Pour la balade, il a le pied sûr et ne recule pas devant la rigidité du terrain.

Mais j'en ai eu vite assez des promenades pour touristes et suis allée plus loin en montant avec un entraîneur. Et là, je reconnais avoir galéré avec le " tölt " et le " skeið ", 2 allures propres au cheval islandais. C'est un vrai dressage mais quelles sensations formidables !



Quels sont tes derniers coups de cœur musicaux islandais ?

Je suis en train de découvrir Samaris, avant d'aller les voir prochainement en concert à Paris.

Sinon, j'écoute Agent Fresco, Dikta, Gréta Salóme, qui va représenter l'Islande à l'Eurovision, Puffin Island, Glowie, Helgi Björns, etc. Et je suis toujours fan d'Ásgeir, Jónas Sigurðsson, Hjaltalín, Moses Hightower, Árstíðír...il y en a tellement !



Avec les membres d'Agent Fresco








Tu apprends l'islandais. Des envies d'expatriation ?

C'est une question à laquelle il est difficile de répondre. J'ai commencé à apprendre l'islandais assez tôt, 6 mois seulement après mon premier voyage. C'était plus un coup de tête qu'un vrai projet d'expatriation.

Bien sûr, vivre en Islande serait un rêve pour moi mais plusieurs choses me retiennent malgré tout.

D'une part, ma jument Gee Gee, qu'il m'est interdit d'emmener avec moi, les règles concernant l'importation des chevaux en Islande étant très strictes.

Et puis ce pays, c'est comme un refuge pour moi, un petit coin de paradis. Y habiter me ferait peut-être perdre un peu de cette magie, mais je réfléchis à la question quand même !  




Prévois-tu d'y retourner prochainement ?

Demain ! Et certainement encore 2 ou 3 fois dans l'année. J'aime l'idée d'y avoir déjà des vacances de programmées, même si ça n'est pas pour tout de suite.


Le mot de la fin ? 

Takk kærlega og komdu til Íslands ! Venez en Islande !





Merci à Aurélie de m'avoir donné un peu de son temps et pour l'envoi de ses photos. Je lui souhaite donc un très beau douzième voyage sur la plus belle île du monde ! Góða ferð !

Un petit bout d'Islande à Paris !



Le printemps nous a apporté une bien belle nouvelle: l'Islande a débarqué à Paris !

Eh oui, pour nous autres adorateurs de l'île fantastique, la chaîne islandaise de restauration Lemon s'est installée au 43 rue des Petits Carreaux dans le 2è arrondissement.





La décoration est on ne peut plus nordique, alliant confort et simplicité: des chaises d'écoliers, une moelleuse banquette en velours et un savant mélange de modernité et d'ambiance vintage. 




La carte est identique à celle qu'on trouve à Reykjavík: sandwiches qui font frétiller les papilles, jus de fruits et légumes frais et smoothies...au skyr ! Plus de pâles imitations du célèbre yaourt islandais, le skyr est désormais disponible dans la capitale.




À ce jour, 2 saveurs sont disponibles: myrtille ou vanille, en provenance directe de notre Terre de Glace.




Accompagnée de mes fous d'Islande, CarineCarolineJean-Marc et Aurélie, j'ai testé le sandwich "Chango" (poulet, mangue, sauce cacahuète et piment) avec le jus de fruit frais "Nice Guy" (fraise, mangue et pomme), dont la formule à 14,95 euros permet aussi de prendre un pot de skyr en libre-service.

Je ne dirai qu'une chose: les mélanges (comprenne qui voudra), les piments et les amis, c'est la vie ! 




Islande à vendre


Nous y voilà. Ça nous pendait au nez.

L'ouverture de nouvelles lignes aériennes sur l'Islande, la transformation de logements en hôtels à Reykjavík et l'agrandissement du célèbre Blue Lagoon ne sauraient mentir: l'île est victime de son succès.





D'un naturel optimiste, j'avoue avoir du mal à y trouver quelque chose de positif.

Après les industriels, dont j'avais évoqué le sujet dans mon billet "L'Islande face à son destin", ce sont désormais des propriétaires terriens qui voient en leur pays une manne financière.

Dernier événement (tragique) en date ? La vente de Jökulsárlón en avril prochain. Oui, vous avez bien lu: la lagune glaciaire, où dérivent les icebergs se détachant du glacier Vatnajökull, est à vendre.




J'ai pêché çà et là quelques informations et remercie les membres du groupe "Islande" sur Facebook pour leurs éclaircissements.

Si le Vatnajökull appartient au Parc National du même nom, les rives de sa lagune n'en font pas partie, la limite du parc s'arrêtant plus ou moins au niveau du glacier.




Et bien que la rive occidentale soit publique, sa rive orientale appartient à une quarantaine de propriétaires. L'augmentation du nombre de touristes a vraisemblablement brisé l'entente qui y régnait jusqu'à présent.

En effet, les sites touristiques en Islande sont souvent privés mais les voyageurs y étaient jusque-là tolérés, la loi islandaise autorisant quiconque à traverser une terre. Mais le va-et-vient incessant des cars de tourisme dans les lieux les plus emblématiques du pays ces dernières années a dû en énerver certains - ou aiguiser leur appétit.

En 2014, il a un temps été question que les sites géothermiques de Geysir et Hverir deviennent payants, sur demande pressante des propriétaires. À ce jour, c'est toujours gratuit, leur requête ayant été déclarée illégale.


Geysir
Hverir 


La question d'un pass "Nature" est également présente dans les débats. Cela ne me semble pas injustifié si c'est pour soutenir économiquement les parcs nationaux et/ou réguler le nombre de touristes. L'argent récolté pourrait aussi permettre d'entretenir les sites les plus fréquentés. Aucune décision n'a été prise pour l'instant mais il va bien falloir que les Islandais se penchent sur la gestion des flux de voyageurs, en augmentation constante.

Si ces sujets n'ont pas encore trouvé de réponse définitive, la vente de Jökulsárlón est, quant à elle, bien réelle. Les propriétaires actuels souhaitent mettre fin à l'activité de certains professionnels du tourisme qui y travaillent sans contrat valide, mais n'arrivent pas à s'entendre sur la direction à prendre.

La commune d'Hornafjörður les a donc contraints à vendre leurs parcelles et la rive Est sera proposée aux enchères le 14 avril 2016. Un projet d'envergure pourrait voir le jour sur ces terres vierges, où l'unique petit café que nous connaissons bien serait remplacé par 3 bâtiments de 600, 1000 et 1500m2 pour le stationnement des véhicules et l'accueil des futurs touristes.




Si c'est une triste nouvelle pour les amoureux de la première heure, les Islandais ne font que répondre à une demande internationale. Sortant d'une crise financière importante, il est peu probable qu'ils fassent désormais marche arrière en choisissant de restreindre l'accès à leur île.

Espérons qu'ils sauront trouver le juste équilibre en proposant un tourisme maîtrisé qui préservera le fragile écosystème de leur nature époustouflante.

Et pour les fous d'Islande qui, comme moi, ont eu le privilège de découvrir ce pays magique avant l'éruption touristique, il ne nous reste plus qu'à nous éloigner de la route circulaire N°1 si souvent empruntée, tout en continuant à défendre les Hautes Terres jusque-là préservées, par le biais d'une pétition et/ou de dons.


Sur la route 55 


La création d'un Parc Naturel dans la dernière contrée sauvage d'Europe permettrait de protéger les massifs de Kerlingarfjöll et Fjallabak ou la cascade Aldeyjarfoss, tout en boostant l'économie locale des municipalités avoisinantes.

Vous retrouverez toutes ces informations sur le site HÁLENDIÐ - ICELAND NATIONAL PARK




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Mise à jour


Janvier 2017: l'Etat islandais, par le biais du Ministère de l'Environnement, a préempté la rive Est de la lagune glaciaire et s'attelle désormais à l'intégrer au Parc National du Vatnajökull, avant de demander à inscrire le Parc au patrimoine mondial de l'Unesco.

Février 2017: la compagnie aérienne islandaise WOW Air invite ses passagers à faire don de leurs couronnes non dépensées à Landvernd, l'association islandaise non gouvernementale de protection de l'environnement, qui soutient la création d'un Parc National dans les Hautes Terres.