Retro '15



Que mon année a été riche en émotions islandaises: tour de l'île au printemps avec Carine, concerts d'Ólöf Arnalds et d'Of Monsters and Men, festival Air d'Islande et week-end hivernal à Reykjavík avec Caroline...

Pour l'année 2016 qui arrive à grands pas, je vous souhaite de (re)voir l'île loin du tourisme grandissant, en vous rendant dans des lieux encore tenus secrets, d'y faire des sauts de puce, des road trips, d'y passer des vacances au grand air, de vous y expatrier ou de découvrir les artistes islandais de demain avant tout le monde !

Qui n'a pas vu Thulé n'a pas vu de merveilles !

Qui n'a jamais écouté de musique du Septentrion n'a jamais fait de bien à ses oreilles !

Gleđilegt nýtt ár ! Bonne année !






Swimmer in the dark


"I've seen it all, I have seen the trees, I've seen the willow leaves dancing in the breeze"....ouais, mais j'ai pas vu d'aurores boréales pendant ces 2 jours à Reykjavík !!!

Alors ? Qu'est-ce qu'on peut voir d'autre et de nouveau quand on retourne 3 fois dans la même ville ?

J'ai découvert Seltjarnarnes, péninsule qui fait partie de la grande agglomération de la capitale, même si on a l'impression d'être au bout du monde. Le phare de Grótta, qui lui fait face, est situé sur un îlot accessible uniquement à marée basse. A part un cadavre de cétacé, on ne croisera personne.




Retour dans l'hyper-centre de Reykjavík : un petit tour pour voir à quoi ressemble l'arrêt de bus Hlemmur, auquel l'écrivain islandais Indriðason fait souvent référence dans ses polars, puis remontée classique de Laugavegur, l'artère commerciale de la ville.

J'y ai découvert, grâce à mon amie Caroline, la boutique Handprjónasamband Íslands (l'association des tricoteuses d'Islande, en français) au numéro 53b. Pas de "Made in China" ici, que des lainages des gens du cru qui donnent envie que l'hiver ne s'arrête jamais !




C'est drôle, j'étais dans cette ville il y a 7 mois seulement et j'ai l'impression que de nouvelles oeuvres d'art ornent déjà les murs des maisons. Quand je vous dis que cette ville est en perpétuel mouvement !




















Je vais vous épargner mon traditionnel arrêt au Bæjarins Beztu Pylsur, le meilleur stand de hot dogs du monde, la balade sur les rives du lac Tjörnin puis le déjeuner au Café Paris où se retrouvent les tricoteuses dans l'après-midi. Si vous ne connaissez pas encore, vous y passerez de toute façon lors de votre venue dans la capitale la plus septentrionale d'Europe ! :)


Bæjarins Beztu Pylsur
La kjötsupa du Café Paris


Tjörnin

























Après avoir englouti la traditionnelle soupe de viande, une question est venue perturber notre belle entente: Laugardalslaug ou Vesturbærjarlaug ? Le choix est toujours cornélien quand vient l'heure de choisir une piscine en Islande. Elles sont toutes différentes mais toutes aussi agréables.

Heureusement, Saint Lionel, étudiant français installé à Reykjavík pour finir sa thèse, nous orientera vers Vesturbærjarlaug afin de mettre fin à ce choix de Sophie. Plus près du Café Paris et plus familiale, nous y passerons notre fin d'après-midi, autrement dit à la tombée de la nuit...à 15h30.


.©Anna_Domnik pour Reykjavik Grapevine


















Le passage tout nu dans les douches est toujours délicat, mais pas plus que celui de sortir des vestiaires pour affronter un air à 4 degrés en maillot de bain avant de se jeter dans une eau à 38 !

J'adore aller à la piscine en Islande. J'oserais même dire que celui qui ne s'est pas fait de piscine municipale en Terre de Glace n'a rien compris au pays. La piscine est une institution là-bas et tous les Islandais ou presque s'y retrouvent le soir après le boulot pour refaire le monde dans un bain chaud.

L'entrée à Vesturbærjarlaug ne coûte que 6 euros. Imbattable par rapport aux spas hyper touristiques !

Ce prix comprend l'accès à tous les équipements: bassin de natation, hot pots de 36 à 42 degrés, sauna, pataugeoire chauffée pour rester des heures allongé à buller et petit bain à 8 degrés pour donner un coup de fouet à une circulation sanguine paresseuse. On l'a testé pour le fun, évidemment ! Glagla...

On a pu assister au cours de natation des petits Reykjavikois, discuter en islandais (!) avec Bryndís et ses parents, petite fille de 2 ans à peine (mon niveau d'islandais, et encore) et même croiser l'acteur Ingvar E. Sigurðsson !!!  Bien sûr que si vous le connaissez si vous êtes cinéphiles ! Le commissaire Erlendur dans "La Cité des Jarres", c'est lui. Le cavalier dans "Des Chevaux et des Hommes", c'est encore lui et le dernier film dans lequel il joue vient d'obtenir un prix au festival de cinéma européen des Arcs.




Alors j'ai peut-être pas vu d'aurores boréales pendant ces 2 jours mais j'ai vu le dandy Ingvar et ça, c'est la classe !

Prochain retour ? Cap à l'ouest en juin avec mon amie Caroline, qui s'expatriera en Islande en avril '16 pour une durée indéterminée.




Ce rêve bleu


J'ai pas compris. Avant, j'allais en Islande tous les 2 ans. Maintenant, c'est 2 fois par an. J'ai rien vu venir. Je crois que je suis accro.

Pour ce quatrième retour en Thulé, pas de grand voyage ou de journée coupée du reste du monde. J'ai juste pris le temps de vivre normalement sur l'île la moins normale de la planète.

Cette fois, je ne suis partie que 3 jours, histoire de tenir jusqu'à l'année prochaine.

Arrivée dimanche 6 décembre en fin d'après-midi avec Caroline, mon amie du site islande.is, j'ai eu le temps d'admirer l'Islande depuis l'avion, avant que le pays ne bascule complètement dans l'obscurité vers 16h.



















Première surprise à bord, nous avons croisé Dagur B. Eggertsson, le maire actuel de Reykjavík, COP21 oblige. J'aurais préféré Jón Gnarr, l'ancien édile de la capitale, mais je ne vais pas faire la fine bouche !

Vol avec Icelandair sans encombres et sans retard. C'est donc fraîches et dispos que nous avons atterri à Keflavík où nous avons rejoint une autre copine déjà sur place, notre hôte Magnús puis une partie de sa famille qui arrivait du Danemark. Les familles islandaises, c'est toujours une longue histoire....genre saga.

Deuxième surprise, il ne fait pas si froid. Un petit 5 degrés carrément supportable. Les touristes sont en boots et doudoune, les Islandais en baskets et en veste. Bref, je crois que j'ai pris trop de pulls.

Nous avons logé à Hafnarfjörður, agréable petite ville de la banlieue de Reykjavík.



Il n'y a pas de bruit de circulation, on entend le souffle du vent, je respire de l'air frais et l'eau sent le soufre quand t'ouvres le robinet...C'est là que je me rends compte à quel point tout ça m'avait manqué !

Allez, un petit tour au supermarché Samkaup d'à côté pour s'acheter de quoi faire un bon repas : hangikjöt, smurostur, skyr, grjónagrautur et hunangsterta. C'est dur à prononcer mais ça se mange très bien.


Reposées et le ventre plein (de skyr), nous avons pris la route pour Borgarnes le lendemain matin. La tempête du siècle étant annoncée en grandes pompes pour le début de l'après-midi (!), nous n'avons que quelques heures devant nous avant la fermeture des routes. Au final, ça sera juste un petit pet de troll pour la capitale mais je reviendrai dessus quand-même.

De mémoire, la route qui menait à Borgarnes était assez sympa. Là, honnêtement, avec un soleil qui se lève à 11h00, euh...j'ai pas bien vu (tout du moins à l'aller).


J'étais plus concentrée sur la conduite de mon gentil chauffeur dont je tairais le nom. Neige ou pas neige, l'Islandais roule beaucoup, l'Islandais roule vite et l'Islandais accélère quand le feu passe au rouge.

J'ai ramené "Le Petit Livre des Islandais" d'Alda Sigmundsdóttir dans lequel j'ai appris, quelques jours après cette "expérience", que c'était normal de passer au rouge en Islande. Ah, ok, au temps pour moi !

Autre anecdote rigolote : quand vous êtes garés sur un parking de magasin l'hiver en Islande, les voitures dont les moteurs tournent avec les phares allumés, et ce même quand il n'y a personne à bord, vous pouvez être sûrs qu'elles appartiennent à un local. L'Islandais serait-il frileux au point de laisser le chauffage en permanence dans sa voiture ? Perso, j'ai cru étouffer dans l'habitacle. J'avais pas prévu de transpirer à cette époque de l'année, perdue au beau milieu d'un fjord.

En parlant de fjord, nous voilà tous les 4 arrivés à Borgarfjörður, le fjord où se niche la ville de Borgarnes. Le lever de soleil sur la montagne et la mer, ça donne une lumière incroyablement bleue. Photos non retouchées, voyez par vous-mêmes !


Et avec les décorations à l'entrée du bourg, le Père Noël finlandais aurait vite fait de se tromper de pays. Rovaniemi, son village "officiel", n'a qu'à bien se tenir !


Après un passage éclair au magasin Eðalfiskur, réputé pour ses saumons (à se damner, je confirme), nous sommes rentrés sans tarder sur Reykjavík. Tout est si calme, les chevaux si paisibles, on ne dirait pas que le vent va se lever dans quelques heures...

Sur le port de la capitale, ça commence à souffler. J'aime bien le "dling-dling-dling" des mâts des bateaux arrimés aux quais. Quel que soit le port où je me balade, c'est une musique que j'associe désormais systématiquement à l'Islande.





Pour nous réchauffer, nous avons pris une soupe de homard bien chaude au restaurant Höfnin puis nous sommes baladés en voiture dans la ville, du centre jusqu'aux hauteurs pour profiter d'une vue panoramique sur la capitale la plus septentrionale d'Europe.




Avant de retourner sur Hafnarfjörður, Magnús a tenu à nous emmener sur la jolie péninsule d'Álftanes, où se trouve la résidence officielle du président, Bessastaðir.

Si vous souhaitez vous reconvertir dans le tourisme en Islande, une guesthouse avec 2 logements est à vendre au prix de 500 000 euros, à quelques kilomètres à peine du Président ;)

Bessastaðir
Álftanes


Le retour s'est fait sans la moindre difficulté et le dieu Eole s'est seulement invité en toute fin d'après-midi.

Si la plus grosse tempête depuis 20 ans a créé des dégâts importants sur la côte sud, cela ne nous a pas empêchés de passer une bonne soirée au saumon et au vin blanc ! Le lendemain, toutes les routes pour la capitale étaient de nouveau ouvertes. Aucune victime n'a été à déplorer, les écoles et les magasins ayant tous fermé plus tôt. Et si les Vikings conduisent vite, ils savent aussi écouter les consignes de sécurité (parfois) :)

Tempête dans la nuit du 07 au 08 décembre en Islande