No pasaran



26/05/15: L'Islande fait sa deuxième révolution en moins de 10 ans et aucun média n'en parle.

Je n'ai aucune formation journalistique mais j'ai envie de vous raconter, avec mes mots, ce qui est en train de se passer là-haut, en toute "clandestinité".

En 2008, l'Islande a été frappée par une crise financière sans précédent depuis son indépendance en 1944.

Pour faire court, en spéculant à outrance sur la pêche, première ressource du pays devant le tourisme, l'économie s'est effondrée après que les banques principales ont fait banqueroute.

L'une des solutions choisies a alors été de dévaluer la couronne islandaise. Dévaluer, pour un individu qui a un crédit, ça veut dire rembourser le même montant accordé par la banque mais avec une monnaie qui vaut beaucoup moins. Je vous laisse imaginer la durée (interminable) du prêt...

Mais l'Islandais est optimiste et attaché à son indépendance. Þetta reddast ! Ca va aller ! comme il dit souvent. Alors l'Islandais a continué de rembourser ses emprunts personnels...mais a puni les coupables de cette situation.

Est alors née la Révolution des Casseroles fin 2008, qui a abouti au non-remboursement par l'Etat de la dette des banques islandaises auprès des créanciers étrangers, ainsi qu'au renversement du gouvernement. Quelques banquiers ont été jetés en prison au passage.

Une nouvelle constitution a été écrite avec l'élection de nouvelles têtes en 2010.

La croissance a repris doucement mais sûrement et l'Islande a fini par sortir la tête de l'eau. A ce jour, le taux de chômage est passé sous la barre des 4% et le pouvoir d'achat a pratiquement atteint son niveau d'avant-crise. Un programme de réduction des dettes a été mis en place pour aider ceux englués dans leurs crédits à cause de la faillite des banques : 74 000 dossiers ont été reçus - le pays compte 320 000 habitants, pour vous donner une idée de la gravité de cette crise.

Pas suffisant pour satisfaire les Vikings.

Parce que lorsqu'on a la confiance de son peuple, on ne le trahit pas. Sauf que le gouvernement en place est déjà bouffé par des affaires de corruption. Heureusement qu'il y a eu Jón Gnarr, l'ancien maire de Reykjavík, pour redorer l'image que j'ai de l'homme politique...

Bref, échaudés par ce qu'ils ont vécu il n'y a pas si longtemps, c'est cette fois "armés" de clés qu'ils se sont rendus hier devant le Parlement, sur la place Austurvöllur, pour manifester leur mécontentement.




En tête de leurs revendications, une revalorisation du salaire minimum de 200 000 à 300 000 couronnes (de 1350 à 2000 euros environ)...ou il faudra rendre les clés du pays. Tout un symbole !!

Des négociations sont actuellement en cours. Mais si aucun accord n'est trouvé, voici ce qui arrivera sur l'île des gens qui ne se laissent pas faire:

2 et 3 juin: pas de bus
4 et 5 juin: hôtels et piscines en grève
5 et 6 juin: trafic aérien touché
7 et 8 juin: les compagnies de transports et les magasins d'alimentation débrayent
9 et 10 juin: prenez de l'essence le 8...
11 juin et après: grève illimitée

Et pendant ce temps-là, le Parti Pirate bénéficie de 32% d'opinion favorable. A bon entendeur !





29/05/15: 4 syndicats ont ratifié un accord sur l'augmentation des salaires. Les préavis de grève sont donc suspendus. Certains syndicats n'ont cependant pas encore signé cet accord. A suivre.

30/05/15 : Un autre groupe d'organisations de salariés de 70 000 adhérents vient de signer un accord pour revaloriser le salaire à 300 000 ISK (2000 EUR) sur 3 ans. Le gouvernement s'engage à alléger l'impôt sur les bas revenus et à accélérer la construction de logements sociaux. Quelques corporations restent toujours en grève (soignants, vétérinaires) et l'équivalent d'ERDF en Islande pourrait rejoindre le mouvement le 10 juin.

13/06/15 : un jugement ayant déclaré la grève des infirmières illégale, elles démissionnent en nombre.

23/06/15 : 10500 travailleurs du secteur secondaire s'apprêtent à entrer en grève pour 7 jours si aucun accord n'est trouvé.

24/06/15 : les travailleurs ont stoppé le mouvement en acceptant une augmentation de salaire de 18% sur 3 ans et la reprise des négociations en 2019. Seuls les vétérinaires maintiennent leur action.


Merci à l'association France-Islande de nous tenir régulièrement informés des derniers événements en cours.

Complètement à l'Est





Höfn ---> Mývatn

359 kilomètres

4h44 de voiture






Des rennes, des fjords et de la neige - et des radars aussi, hein En voiture Carine !?

Bref, l'Est islandais, c'est beau comme ça: 

















Les Randonneurs



Je vais finir par croire que j'ai vraiment de la chance.

A chaque fois que je pars dans des contrées réputées à climat pourri, je passe à travers les gouttes.

Pour cette dernière journée dans le Sud de l'Islande, je n'échapperai pas à "ma" règle.

Parties de Vík en matinée, Carine et moi avons traversé sans encombre l'Eldhraun, champ de lave datant de l'éruption du volcan Laki en 1783. La veille, le site de météo Vegagerdin, à consulter avant chaque excursion, déconseillait d'emprunter cette route en raison de fortes tempêtes de sable. Le jour J, en plus de n'avoir ni vent ni sable, le soleil nous a offert une visibilité parfaite.




Elle mène au parc national de Skaftafell, un des nombreux paradis pour randonneurs en mal de paysages à couper le souffle ! C'est l'une des plus belles parties de la route circulaire n°1, l'une des plus variées. On passe du vert au noir sans s'en rendre compte !






Comme nous avions rendez-vous à 09h45 pour notre randonnée sur glacier, nous n'avons pas vraiment pris le temps de nous arrêter. Heureusement que je connaissais déjà cette route car un fort sentiment de frustration aurait sinon gâché ma journée. Quelque chose me dit que la Carine reviendra certainement....

J'ai repéré les embranchements pour le Landmannalaugar, un joyau multicolore du pays, et pour la chaîne des volcans du Laki. On ne peut rejoindre ces sites que par des pistes, ouvertes du 15 juin au 15 septembre, à la seule condition d'avoir un 4x4. La dernière fois que j'y suis passée, c'était début juin et je n'avais qu'un véhicule classique. Pouiiiiiin, essaies-encore !

Bref, je garde dans un coin de ma tête le projet d'aller y séjourner une semaine un de ces jours.

Mais revenons à nos moutons islandais !

Après 1h30 de balade à travers la désolation magnifique, nous sommes enfin arrivées à l'accueil du parc Skaftafell. J'aime toujours autant l'organisation à la nordique : on a remis notre bon de réservation Extreme Iceland à la cabane des guides, on a fait connaissance, adapté les crampons à nos chaussures et sommes parties en direction du glacier Svínafellsjökull. Tout ça sans file d'attente, sans gens qui râlent et en moins de 30 minutes.

C'est la première fois que je fais appel à un guide. D'un naturel un peu sauvage, ça n'est d'habitude pas trop mon truc. Mais la rando sur glacier, ça ne s'improvise pas ! Nous n'étions qu'une quinzaine, l'organisation était bien rôdée et le guide s'est adapté à nos niveaux tout en nous apprenant plein de choses sur ce glacier. Réchauffement climatique, tournages de films/série, prononciation, etc...tous les sujets ont été abordés avec une bonne dose d'humour à l'islandaise.

Notre excursion n'était pas aussi sportive que la poursuite entre Jon Snow et Ygritte mais nous avons bien foulé le même sol, celui situé "au-delà du mur" ! C'était ma dédicace aux fans du Trône de Fer qui auraient envie d'aller jouer aux Sauvageons sur le glacier Svínafellsjökull ;)





Et dans la vraie vie, encore merci au jeune guide qui partage sa passion à Skaftafell depuis 2 ans, et à Extreme Iceland pour la qualité de cette prestation (un peu de pub au passage quand c'est mérité).







Et vous croyez qu'après ça, on en avait assez de la glace ? Que nenni !  Quand on a en face de soi le Vatnajökull, le plus grand glacier d'Europe (de la taille de la Corse pour vous donner une idée), on l'honore.

Après s'être donc promenées 2 heures sur l'une de ses langues glaciaires, nous avons continué notre chemin jusqu'aux lagunes Fjallsárlón et Jökulsárlón. Ces endroits sont...comment dire....euh....je ne trouve pas mes mots....Sans voix, c'est comme ça qu'on dit ! Ces endroits laissent sans voix.






















Ces paysages silencieux et majestueux m'émeuvent toujours autant. C'est à mon avis un sacrilège, tout du moins un gros loupé, que de se rendre en Islande sans pousser jusqu'à Jökulsarlón - à seulement 4h30 de la capitale.

Bon bah c'est pas tout ça mais après avoir passé des heures à crapahuter en plein air (frais), un bon bain chaud pour terminer la journée ne serait pas de refus.

Ta-daaaaaa ! Il n'y a qu'à demander. L'Islande est décidément parfaite.




Ça Plane Pour Moi


Troisième journée en Islande. C'est fou comme le temps passe vite quand on s'amuse !

Aujourd'hui, mardi 28 avril, Carine et moi prenons la direction du sud. Peu de kilomètres (167 exactement) mais beaucoup d'arrêts prévus au regard des merveilles que ce pays a à nous offrir sur une si courte distance. Le soleil est avec nous et nous accompagnera toute la journée.




Pour commencer, après avoir dit au revoir à la tranquille région du Cercle d'Or, nous nous sommes arrêtées à la cascade de Seljalandsfoss.


Seljalandsfoss


Si j'avais pu me promener derrière son rideau aquatique lors de mon premier séjour, l'accès était, comment dire, un tantinet glissant. L'action combinée du froid, de l'eau et du vent nous offrira néanmoins un joli décor de cinéma ! 




Une fois remontées en voiture, nous attaquons la région des glaciers et des "sandur", ces plaines alluviales glaciaires qui font partie intégrante du paysage islandais. Je ne me lasserai jamais de ces étendues dont se dégage un sentiment de sérénité absolue.




Au loin se dresse déjà le détesté/adoré volcan Eyjafjallajökull, qui est devenu une véritable star dans son pays. Une petite expo permet de se replonger dans les 3 semaines qui ont paralysé l'Europe en 2010. Sans s'y arrêter vraiment, Carine a quand même tenu à se faire du mal en l'immortalisant en photo : on bossait alors pour une compagnie aérienne et on en avait bien chi...bavé (du verbe "chibaver") à l'époque.

Le spot qui m'intéressait vraiment dans ce coin-là, c'est la vieille piscine Seljavallalaug de 1923, construite à flanc de montagne et introuvable si on ne sort pas de la route n°1. Ayant bien étudié mon parcours, j'ai trouvé le bon embranchement (route 242 à gauche, direction Raufarfell), j'ai trouvé la bonne vallée mais impossible de s'y rendre à pied une fois garées ! Un vent terrible nous fera rebrousser chemin, tenir debout étant alors impossible. On a à peine réussi à ouvrir nos portières alors imaginez marcher dans la montagne....




Petite déception qui sera largement oubliée dans quelques heures à Sólheimasandur, suspense.

Deuxième arrêt : cascade de Skógafoss.


Skógafoss


Pas grand-chose à dire : elle est belle, elle est puissante (comme moi) et un escalier latéral menant à un promontoire la surplombe et permet d'avoir une vue imprenable sur la vallée Mýrdalur. Ah si ! il paraît qu'un trésor est caché derrière, si ça vous dit d'aller tenter votre chance.




C'est à partir de ce moment de la journée que l'excitation a commencé à monter ! On savait que dans quelques kilomètres se trouverait le discret chemin qui mène à la célèbre carcasse d'avion du DC-3 de l'US Navy, immortalisée dans Heima, film musical sur Sigur Rós.

Ce crash a eu lieu en 1973, vraisemblablement suite à une panne de carburant. Aucun mort n'a été à déplorer et l'avion est resté là, à la merci des éléments. Il offre depuis un spectacle complètement irréel, posé au milieu de nulle part sur le sable noir de Sólheimasandur.




Je veux bien vous donner son emplacement exact, à une seule condition : n'allez pas graver un "Roger + Josette= big love" sur sa carlingue ! Déjà fortement attaquée par la corrosion naturelle, je trouve insupportable que des gens gribouillent dessus comme un chien pisse sur un arbre ! Cet endroit est unique, mystique, respectons-le pour que d'autres puissent en profiter ! 





On va dire que je vous fais confiance : en quittant Skógar, comptez 2 kilomètres après le panneau "Sólheimajökull" et tournez à droite en direction de la mer au deuxième ponton. Quelqu'un a balisé le chemin avec des piquets jaunes. Suivez-les pendant 5 minutes et vous tomberez dessus. A moins de vouloir marcher, un petit 4x4 est nécessaire pour vous en approcher au plus près. Pas impossible avec une voiture classique s'il ne neige pas, mais une météo capricieuse pourrait vous compliquer grandement la tâche.


Sólheimasandur


Pour terminer la journée, nous sommes allées nous balader sur les plages de Dyrhólaey, à Kirkjufjara et Reynisfjara. 


Kirkjufjara

Reynisfjara


Le vent n'étant toujours pas tombé, on n'a pas pu s'approcher des falaises, le risque de chute étant bien réel - et de toute façon, il n'y avait aucun macareux. Ca soufflait tellement que toutes mes photos sont de traviole ou presque ! J'avais l'impression d'être complètement ivre (rire et déplacement totalement sobres sur cette vidéo, je le jure)




Et se faire mitrailler par des rafales de sable jusqu'à en avoir dans le slibard, c'est une expérience comme on n'en vit qu'en Islande. Agenouillé(e) ou en marchant à reculons, à chacun sa technique anti-tempête.




C'est la première fois que je vois ces lieux sous le soleil. Vík, la ville toute proche, est l'endroit le plus méridional d'Islande mais aussi le plus humide en terme de précipitations. Voir le bleu du ciel et de   l'Atlantique contrastant avec le noir du basalte, c'est un spectacle que je n'oublierai pas. Au loin, toujours aussi mystérieux, les trois trolls de Reynisdrangar scrutent inlassablement l'horizon.


Vík 


Nous avons passé la soirée et la nuit à l'hôtel Katla. L'établissement est en plein travaux d'agrandissement. On sent bien la pression de l'augmentation du nombre de touristes en Islande. Les tempêtes de sable de ces derniers jours nous ont empêchées de profiter des bains chauds en extérieur de l'hôtel, les bassins étant remplis de poussière. Nous nous sommes donc rabattues sur le sauna, sans avoir froid lors du passage des vestiaires à la cabane parce que ô, miracle ! nous gagnons des degrés à chaque quart d'heure qui passe. Incroyable climat....Vivement le lendemain !

Merci à  Carine, du site En Voiture Carine, pour ses vidéos.

-----

Mise à jour 2016: sur décision des propriétaires, l'accès à l'avion à Sólheimasandur est désormais interdit aux véhicules, trop de gens ayant pratiqué du hors-piste. Il est toujours possible de rejoindre ce site à pied. Comptez 6 kilomètres aller-retour.

Mise à jour 2017: concernant Kirkjufjara, les consignes de sécurité n'étant pas toujours respectées, sa fermeture au public a été décidée après le décès de 3 personnes sur les plages de Dyrhólaey, emportées par des vagues déferlantes. À suivre. 




Boucle d'Or


Pour notre deuxième journée en Islande, Carine et moi avons fait une jolie boucle dans la région du Cercle d'Or, avec la belle surprise d'avoir un peu de neige au réveil !

Le Cercle d'Or est un peu le passage obligé pour tout voyageur restant sur Reykjavík. Il faut compter moins d'1 heure pour s'y rendre depuis la capitale. La région s'étend du parc national de Þingvellir à la chute d'eau de Gullfoss, en passant par la vallée des geysers d'Haukadalur.

Comme nous avions dormi la veille sur Hveragerði, nous avons pris la boucle dans l'autre sens, avec l'espoir de rencontrer le moins de touristes possible en commençant "par la fin". Dans ce sens, un arrêt au lac de cratère du Kerið, dont l'accès est désormais payant (150 isk/3 eur), a été notre première sortie de la matinée.




Notre plan "anti-touristes" n'aura aucune raison d'être : la météo plus que ventée nous offrira le luxe d'avoir des geysers et des cascades rien que pour nous ou presque ! Et puis je ne suis pas complètement misanthrope non plus, hein ! Petite dédicace à la bande de plongeurs délurés qui se reconnaîtra peut-être un jour (les gens qui visitent l'Islande à fond et par tous les temps sont tous un peu barrés, NDLR).




Pour ceux qui se demandent où se trouve ce spot de plongée, c'est à Silfra, dans le lac Þingvallavatn. A cet endroit, vous nagez dans l'une des eaux les plus pures de la planète, entre les plaques tectoniques eurasienne et nord-américaine (encore elles !?).

Si cette eau-là n'est pas à plus de 4°c, celles du site géothermique de Geysir dépassent fréquemment les 100°c !

Pas de baignade ici, mais de jolis phénomènes à observer: Strokkur, le geyser le plus actif d'Islande, se fait toujours autant désirer et arrive encore à me surprendre. Si la force du vent l'empêchera de projeter de l'eau à 20 mètres de hauteur comme habituellement, nous avons eu le privilège de le voir jaillir 2 fois de suite à quelques secondes d'écart uniquement.



Certains d'entre vous sont certainement au courant qu'un abruti s'est amusé à jeter un colorant rose dans sa cheminée pour faire "dé l'arrrt pictoural". Soyez rassurés ! J'y suis passée 4 jours après et il n'y a plus aucune trace de cet acte de vandalisme. Juste pour info, l'activité d'un geyser est super fragile ! Il peut se tarir soit en raison de mouvements sismiques ou à cause d'une exploitation des sources d'eau chaude avoisinantes, mais aussi par le simple jet de déchets dans sa cheminée !!!

D'ailleurs, si Strokkur s'éclate toutes les 5 minutes, Geysir lui, dort profondément. Quelques mètres les séparent seulement mais ces 2 geysers n'ont rien à voir.

Geysir, d'où vient le nom "geyser" d'ailleurs (du verbe "að gjósa" = "jaillir"), n'a jamais eu envie de me montrer sa puissance. C'est une jolie mare d'un bleu opalescent, dont la source est réveillée artificiellement le jour de la fête nationale. Il lui arrive encore d'érupter naturellement mais de manière sporadique. Qui sait si un jour, une modification dans le réseau des failles souterraines ne le relancera pas !? ;)




Après toutes ces émotions (le vent, les zamis, le vent !!!), une pause au chaud s'imposait. Le café qui fait face au site a bien fait l'affaire !



Ces quelques minutes de répit nous ont permis de recharger les batteries avant d'aller admirer les chutes d'eau de Gullfoss, même si les cascades en Islande, c'est pas ce que je préfère. C'est un peu comme les casbahs au Maroc: on trouve la première "ex-tra-or-di-naire", la deuxième "très belle", "Oh, une autre casbah " à la troisième et on ne les remarque même plus après...

C'était sans compter sur l'interminable hiver islandais. Le froid et la neige ne semblent pas vouloir quitter l'île cette année. Si c'est certainement très lassant pour les habitants, cela offre un spectacle féerique et dépaysant pour nous autres Européens, déjà dans le printemps depuis plusieurs semaines. Je retire donc ce que j'ai dit sur les cascades islandaises. Grâce aux températures négatives, les sculptures de glace qu'elles créent les rendent uniques !





Pour terminer la boucle, nous avons fini à Þingvellir, haut lieu de l'histoire islandaise où se tenait "l'Alþing", que l'on peut considérer comme le premier parlement d'Europe puisqu'il s'y tenait depuis l'an 930 - avant d'être déplacé à Reykjavík en 1844.
























Ce lieu est aménagé et vous permet de déambuler entre les plaques tectoniques eurasienne et nord-américaine (toujours elles !?). Les fans du Trône de Fer croiront peut-être apercevoir Sandor Clegane et Arya. Car en plus d'être photogénique, de nombreux réalisateurs viennent tourner en Islande !
























Le top du top dans cette région, ça n'est pas forcément les lieux incontournables indiqués dans les guides. Prendre le temps de se perdre dans la lande qui borde le lac Þingvallavatn, entre brume et tempête de neige, c'est bien plus euphorisant que de traîner dans les magasins de souvenirs !




Le centre névralgique du Cercle d'Or, c'est le bourg de Laugarvatn, où vous trouverez une supérette et 2 piscines.

Alors en construction lors de ma première venue en 2011, je n'ai pas hésité à aller auto-inaugurer le spa Laugarvatn Fontana ! C'est un petit complexe aquatique où l'on peut se baigner dans différents bassins de 32°c à 40°c, avec une vue magnifique sur le lac Apavatn.




Quant au bon plan hébergement (après tout, ça sert à ça, un blog !), nous avons passé la nuit à Efstidalur II, à quelques kilomètres à peine de Laugarvatn. L'accueil y est plus que chaleureux (coucou Guðrún !), le restaurant est bon et les prix affichés sont corrects - d'autant que tout est fait maison ou presque ! Le petit plus, c'est la salle de réception avec vue sur l'étable.






Les chambres sont en fait des petits cottages en face du restaurant, avec salle d'eau privative et une vue imprenable sur la ferme et la montagne. Simple et efficace, vive le Nord.




Encore merci à Carine, du site En voiture Carine, pour ses photos de Kerið et du hamburger du fermier, mmmm.....

Banana Republic


20 mois.

C'est le temps que j'ai tenu depuis mon dernier retour d'Islande en juillet 2013. J'avais tenu 2 ans et 1 mois la fois d'avant. Plus ça va et moins je suis patiente. Pas sûr de pouvoir attendre une année impaire, comme j'en ai pris l'habitude, avant d'y retourner. Les fjords de l'Ouest m'appellent déjà dangereusement...

Mais avant de m'accorder une nouvelle bouffée d'oxygène en Thulé, je vais déjà revenir sur cette belle semaine passée sur la plus belle île du monde.

Partie le 26 avril avec mon amie Carine, notre premier bonheur a été de se retrouver sans contraintes (comprendre "sans hommes"), nos familles étant restées à la maison (non, je n'ai jamais culpabilisé).

Nous avons voyagé avec la compagnie islandaise à bas prix WOW air et franchement, en tant que râleuse de Française, je n'ai rien retrouvé à dire : leurs avions sont récents, la cabine était nickel, l'équipage joyeux et dynamique et aucun gros retard à signaler (à l'aller comme au retour). Je referai tout avec eux la prochaine fois, sans l'ombre d'une hésitation !

Dès notre arrivée à l'aéroport international de Keflavík, le gars de Lotus Car Rental nous attendait avec une affiche. La clâââsse ! Ca s'arrêtera là. Je n'y connais rien en voiture mais la Carine, bloggeuse automobile, bah elle n'a pas apprécié de se retrouver avec un Hyundai Tucson avec 150 000km au compteur, au lieu d'un Suzuki Grand Vitara (ses arguments ici). Honnêtement, moi, du moment que ça roule...

Et c'est vers Grindavík que nous nous sommes dirigées, via la route côtière 425, avec notre vieux 4x4 tout pourri.




Pour nous rendre à Hveragerði, où nous logions pour notre première nuit, j'ai voulu éviter la capitale pour faire plonger de suite la Carine dans l'ambiance apocalyptique de la péninsule de Reykjanes. Je crois que ça a marché ! Les hurlements du vent qui soulève le sable noir sur des champs de lave désertiques, ça fait tout de suite son petit effet !





En route, nous nous sommes arrêtées au "pont entre 2 continents". J'avais lu quelque part que ce site touristique ne valait pas le détour, que ça n'était qu'un pont situé au milieu de nulle part censé symboliser l'endroit où se rencontrent les plaques tectoniques eurasienne et nord-américaine. Je ne suis pas complètement d'accord. Ok, vous ne verrez rien d'autre qu'une passerelle dans un paysage lunaire, mais un paysage lunaire vaut toutes les plages tropicales du monde pour moi ! Et puis c'est rigolo de se savoir sur un point chaud du globe, géologiquement parlant.
















Notre second stop s'est fait sur le site géothermique de Gunnuhver. Ca fumait, ça soufflait, on n'a pas vu grand-chose mais il n'y a pas d'endroit comme ça en Gaule. Je ne peux que vous conseiller d'aller rendre visite à la bouillonnante Gunna.




Puis nous avons déboulé dans la ville de Grindavík. Le mot "ville" n'a pas du tout la même signification que par chez nous, hein ! J'aurais du mal à vivre en ville en France, mais pas du tout dans une ville islandaise. Je pense que vous comprenez la différence....Après s'être paumées alors qu'il n'y a que 3 rond-points qui se battent en duel, on a dit bonjour aux chevals avant de filer sur Hveragerði.



























Cette péninsule est toujours aussi sublime ! C'est un endroit que je vous recommande chaleureusement si vous n'êtes en Islande que quelques jours. Champs de lave, lacs, montagnes, mer, sites géothermiques et sources d'eau chaude, il y a de quoi faire ! Et sa proximité avec Reykjavík vous permet de bien visiter la capitale la plus septentrionale d'Europe.




Quant à Hveragerði, c'est un endroit "stratégique", entre Reykjavík et la région du Cercle d'Or. La ville est réputée pour ses serres chauffées grâce à la géothermie qui fournissent fruits, légumes et fleurs au pays où rien ne pousse ou presque. Si vous jouez au Trivial Pursuit, vous savez certainement que l'Islande est le premier producteur de bananes en Europe (!)




Nous y passerons une nuit, à l'hôtel Eldhestar, un établissement très propre avec un bon restaurant. Les gérants proposent également des balades à cheval. Prendre son petit-déjeuner en regardant courir les équidés dans la plaine, c'était magique...

Merci à mon amie Carine, du site www.envoiturecarine.fr, pour ses photos du 4x4, de Hveragerði, de mes dos/profil et pour la vidéo.