Le syndrome de Stockholm




La ville, c'est vraiment pas mon truc en été. Mais passer plus de 3 semaines en Suède sans visiter Stockholm, ça aurait été complètement idiot. 

C'est ravie que j'ai découvert la capitale.

Je suis arrivée par le sud, en revenant d'Öland. Pas de bouchons mais des grandes artères aérées, de la place pour se garer et...la mer. Ouf ! je ne vais pas étouffer et finir mes vacances sur une mauvaise note.    

J'ai loué l'appartement de Moa et Fredrik, dans le quartier de Södermalm. Je devrais plutôt dire l'île de Södermalm (j'ai oublié de vous préciser que la ville est construite sur plusieurs îles).

Södermalm est un endroit sympa, à 5 minutes de métro de Gamla Stan, la vieille ville, et meilleur marché que l'hyper-centre. Il y a de nombreuses épiceries pour faire le plein de courses ou des restaurants abordables si vous êtes nul(le) en cuisine. C'est le quartier bobo par excellence, où les boutiques de fripes sont légion.




Le lendemain de mon arrivée, plutôt que d'aller gonfler le flot de touristes sur l'avenue principale de Stora Nygatan, j'ai décidé de prendre un bateau pour l'île de Fjäderholmarna. Ce qui a orienté mon choix ? Un temps de traversée de seulement 30 minutes, voilà tout. On était peu sur le bateau et peu sur l'île le matin, tout ce que j'aime. Les Stockholmois emmènent enfants (et chiens) et y passent leur dimanche. Rien de sensationnel, au sens premier du terme, mais juste du bon temps en plein-air. La météo, décidément extraordinaire cet été, permettra même la baignade et la bronzette.




J'ai parlé trop vite ! Première pluie des vacances ! C'est le moment où jamais d'aller voir le musée Vasa dont tout le monde me parle.

Le Vasa est un navire de guerre suédois qui a sombré le jour de son inauguration en 1628, à quelques centaines de mètres du port de Stockholm seulement. Les raisons du naufrage sont expliquées dans ce documentaire d'Arte "L'aventure du Vasa", que j'ai visionné la veille en famille. Cela m'a permis de ne pas arriver complètement ignare le lendemain et d'éviter la foule qui se masse aux projections proposées par le musée.

L'intérêt principal de cette visite est que le navire est dans un état de conservation incroyable. Malgré ses 333 ans passés sous la mer, 95% de la structure du Vasa est d'origine. Les eaux sulfuriques de la Baltique auraient permis ce miracle.

Il faut compter au moins 1h30. Outre le navire, des objets et vêtements d'époque complètent la visite, ainsi que des corps de marins (si la vue de squelettes ne vous met pas le trouillomètre à zéro).




A la sortie du musée, le soleil était déjà revenu. J'ai bien tenté Gamla Stan, mais mauvaise idée l'après-midi. Les ruelles de la vieille ville ne sont pas vraiment adaptées au nombre de touristes. Je retenterai plus tard.

Mais alors que faire à Stockholm pour occuper des enfants qui n'ont plus envie de marcher ? Se baigner, pardi !

Après être retournée manger et me reposer à l'appartement, j'ai cherché une plage pas trop loin. En quelques clics sur www.visitstockholm.com, j'ai trouvé la plage de Långholmens, à seulement 15 minutes !

En descendant à la station de métro Hornstull, il suffit de marcher 10 minutes pour se retrouver sur l'île de Långholmen. En descendant du pont qui relie l'île à Södermalm, on se retrouve dans un écrin de verdure. L'eau est plus chaude que dans la Baltique la veille et pas du tout salée. Je suppose qu'on est encore dans l'un des lacs de la capitale. Je vous avoue que je ne comprends pas vraiment où s'arrêtent les lacs et où commence la mer à Stockholm. Regardez-donc un plan de la ville au lieu de rigoler et expliquez-moi...





Depuis le temps que je vous en parle, me voici enfin à Gamla Stan ! Il y a déjà du monde mais on avance quand même. J'ai fait ma vraie touriste : un gâteau dans un "fika", les célèbres cafés suédois, une pose-photo au 81 Marten Trotzigs Grand, la ruelle la plus étroite de la capitale et puis achat de cadeaux pour la famille.

Ce que j'aime dans les pays du Nord, c'est que si l'on souffre d'agoraphobie, il suffit généralement de s'éloigner des axes principaux pour se retrouver au calme. Bonne surprise ! ça marche aussi à Stockholm ! J'ai pu faire la vieille ville tranquillement et prendre de jolies photos de rues désertes. Incrédibeul. Avec le bleu du ciel et ses murs ocres, on a l'impression d'être en Provence. Re-incrédibeul.

   


J'ai terminé mon séjour avec une promenade sur l'île de Djurgården. On peut la rejoindre en bateau ou à pied. Ca fait quand même une sacrée trotte car il faut longer le quartier d'Östermalm. Pour changer un peu, j'ai pris le tramway N°7. Le pass de 3 jours permet de jongler entre plusieurs moyens de transport. 




A Djurgården, on peut soit s'arrêter à la première station de tramway, "Nordiska Museet/Vasamuseet", qui dessert tous les musées principaux de l'île (Nordiska museet, le musée Vasa, ABBA The Museum et le parc de Fifi Brindacier au Junibacken) ou pousser jusqu'au terminus à "Waldermarsudde".

C'est le choix que j'ai fait pour me rapprocher au plus près du parc. Vergers, potagers bio, labyrinthe à la Alice aux Pays des Merveilles: on se retrouve à la campagne en un rien de temps ! Pas étonnant que cet endroit soit l'un des préférés des citadins !




J'ai volontairement zappé le musée en plein-air de Skansen, situé sur Djurgården également. C'est la Suède en miniature, paraît-il. Mais après avoir passé mon été dans la Suède grandeur nature, je n'en voyais pas trop l'intérêt à vrai dire.

Puis j'ai finalement eu ma revanche sur mon lumbago. Ce dernier m'ayant empêchée de profiter de Liseberg, le parc d'attractions de Göteborg, je me suis vengée au Gröna Lund. Bref, Djurgården mérite au moins 2 jours.




On lit souvent dans les guides que Stockholm est la Venise du Nord. Pour moi, c'est plutôt l'inverse: Venise est la Stockholm du Sud, sans parti pris aucun bien sûr...



L'île d'Öland





J'ai honte. Moi qui affirme ne jamais tenir en place en vacances et chahute gentiment les gens qui ne les passent qu'à la plage, eh bien j'ai fait pareil !

J'ai débarqué sur l'île d'Öland, à l'est de la Suède, début août. J'ai logé à l'extrême nord, à Byxelkrok exactement. J'avais dans mes projets de visiter le sud, classé au patrimoine mondial de l'Unesco mais j'ai été saisie d'une flemmingite aiguë.

Avec une température avoisinant les 23 degrés dans l'eau, mon premier week-end sur l'île a été consacré à la baignade en famille.

Je ne le redirais jamais assez mais j'adore la Mer Baltique l'été. Je la trouve idéale pour les enfants (tout du moins en Suède et au Danemark) car peu dangereuse. Et pour qui aime nager, sans vagues ni foule estivale, c'est un pur bonheur. On y croise pas mal de petites méduses par contre, qui ne doivent pas piquer car tout le monde se baigne - et je n'ai entendu aucun cris ni pleurs.




Heureusement que le temps s'est couvert pendant 48h ensuite, car sans ça, je serais restée sur la plage à faire la crevette !

J'ai donc profité de ces 2 jours, gris mais secs, pour aller explorer la forêt de Trollskogen puis la réserve naturelle de Byrum, tout à côté de Byxelkrok. L'île faisant 130km de long, je n'ai pas eu le courage de prendre la voiture pour aller dans le sud, d'autant que la route qui la traverse est certes jolie, mais interminable.

La forêt de Trollskogen est différente des autres forêts de Suède. On dirait que la Fée Carabosse lui a jeté un sort tant les arbres sont noueux. Les Suédois la disent enchanteresse alors que la signification de Trollskogen est "la forêt des trolls". Maléfique, oui ! Le chef des arbres s'appelle Trolleken, le "chêne troll", et siège au milieu de la clairière. Il a dû inspirer Tolkien : je suis sûre que c'est un copain de Sylvebarbe, l'ent dans le Seigneur des Anneaux !


Trolleken






J'ai ramené un cadeau de ma balade : une tique. J'attire votre attention sur le fait que les tiques de la Baltique ne sont pas fantastiques. Outre la maladie de Lyme, elles peuvent transmettre l'encéphalite à tiques, maladie vectorielle dont les Suédois sont protégés par un vaccin, et qui entraîne parfois des séquelles neurologiques permanentes. Bien s'inspecter la peau est indispensable, le mieux étant encore de se couvrir le corps et d'utiliser un biocide. Il n'y a aucun risque de maladie si elle est retirée dans les 48h, ce qui a été mon cas. Au-delà, consulter un médecin en cas de syndrome grippal.

Pas de problème de ce genre à Byrum, lieu situé en bord de mer où l'on peut jouer dans les "raukar", piliers de pierre détachés du littoral par l'érosion. On ne les voit pas de la route. Il faut se garer sur le parking attenant, à l'entrée de la réserve, et continuez à pied sur la droite.




Le soleil étant rapidement revenu, je n'ai plus rien à vous raconter : je suis retournée à la plage. J'ai honte.