Ma stuga en Suède




C'est complètement par hasard que j'ai loué une stuga, le petit chalet de campagne que les Suédois adorent, dans la région du Dalsland.

Initialement, après ma semaine en Dalécarlie, je devais passer 3 jours à l'hôtel à Göteborg, excellent point de départ pour explorer la côte Ouest.

Mais au vu de la météo exceptionnelle, je ne me voyais pas du tout m'enfermer, même pour quelques heures, dans une chambre en bord de route.

J'ai donc cherché une location sympa en bord de mer. En vain. La veille pour le lendemain, on ne trouve rien dans la région ensoleillée du Bohuslän. Au final, ce fut un bien pour un mal.




Pour me rapprocher quand même de Göteborg, où je devais rejoindre des amis en milieu de semaine, l'endroit le plus proche de la côte où j'ai trouvé à loger fut Rolfskärr Stugby, à moins de 2 heures de la station balnéaire de Fjällbacka.

Situé à 20 minutes de la ville d'Åmål, on se retrouve en pleine nature en quittant simplement la route. Le chemin qui y mène traverse une épaisse forêt et se faire accompagner par les lapins est monnaie courante.




A peine arrivée, l'adorable propriétaire, une dame âgée ne parlant que suédois, m'a chaleureusement accueillie et tenté de m'expliquer le "règlement". Eh oui, pas de wc ni de douche dans ma stuga, mais des sanitaires disséminés çà et là sur le site.

Malgré le silence, je me rends compte qu'il y a en fait plusieurs stugor - "stuga" au pluriel, ça y est je suis bilingue (genre). Un grand blond et sa fillette aux yeux turquoise interrompent leur cueillette de myrtilles sauvages pour venir me traduire en anglais ce que j'avais plus ou moins compris.

Après plusieurs heures de route avec un douloureux lumbago, je me suis vautrée sur mon lit et passé une nuit délicieuse malgré le confort spartiate qu'offrait la chambre. Dormir la fenêtre ouverte avec le chuchotement du vent dans les buissons est un de mes gros kifs.




Réveillée avant 6h du matin par le soleil, qui se lève bien plus tôt qu'en France l'été, j'en ai profité pour aller me balader autour du lac Vanërn, en face de ma stuga. C'est le plus grand de Suède et les lumières matinales qui s'y reflètent sont magnifiques : le lac est rose. Au loin, les mouettes prennent bruyamment leur petit-déjeuner sur un îlot perdu. Je retourne doucement vers mon chez-moi temporaire et aperçois une femme qui contemple le lac. Je ne veux pas lui gâcher ce moment et m'en vais à pas de loup.




Commence alors une vraie journée de vacances. Après avoir trouvé les douches des femmes, qui ne sont pas au même endroit selon le jour de la semaine (!), j'ai passé mon dimanche à ne pas faire grand-chose, émerveillée par la multitude de bestioles que je ne vois plus aussi souvent qu'avant dans mon Sud-Essonne rural (grenouilles, lapins, libellules, papillons) et la biodiversité d'un lac sain (plantes aquatiques, poissons et couleuvre à collier, brrr) à quelques centimètres seulement du bord.




Le soir, les vacanciers se rassemblent autour d'un barbecue commun et partagent leur repas, sans se connaître. Ne me voyant pas faire la traduction à ma famille qui parle peu l'anglais, c'est avec beaucoup d'envie que je les observe depuis ma fenêtre. J'aime bien cette ambiance à la cool. La vie, ça devrait être comme ça tous les jours !

Lors de ces trois jours, je suis bien allée sur la Côte Ouest comme prévu - qui est magnifique soit-dit en passant. Mais je n'ai jamais pris autant de plaisir, lors de ce mois en Suède, à regagner mes pénates, ici, dans ma stuga rien qu'à moi...





Une semaine en Dalécarlie


Quand, à la question "Où vas-tu cet été?", j'ai répondu "En Suède", la réaction de mes interlocuteurs a été soit la moquerie ("La pluie ne va pas te dépayser"), soit le conseil avisé (sic) d'une personne qui n'a jamais mis les pieds en Scandinavie ("Prends des pulls surtout").

En tant que fidèle de l'Europe du nord, j'avais pris l'habitude de me fatiguer à défendre sa météo toujours clémente avec moi l'été. Constatant que les clichés sont indestructibles, j'ai depuis laissé tomber et me contente de sourire poliment.

Après tout, ça m'arrange que ces coins-là ne soient pas défigurés par le tourisme de masse. Alors oui, il fait toujours froid au nord. Sauf que lors de ma semaine en Dalécarlie, j'ai eu plus chaud qu'en France...Récit.




D'abord c'est où la Dalécarlie (Dalarna) ? C'est en Suède centrale, à mi-chemin entre Stockholm et Oslo, la capitale norvégienne.

Ce qui saute de suite aux yeux, c'est l'omniprésence de lacs et de forêts : un régal pour les yeux et un bonheur pour le corps qui se met de suite au diapason de la nature. A peine arrivée, plouf ! dans le lac Runn. Je pensais ne jamais réussir à passer la zone fatidique du ventre, c'est en fait une formalité. J'apprendrai plus tard que l'été 2014 fut le plus chaud depuis 1954 (d'où les feux de forêts gigantesques dont vous avez peut-être entendu parler).




En parlant de lac, je suis allée me promener du côté du lac Siljan, le préféré des Suédois paraît-il. Je n'ai eu le temps que d'explorer sa rive méridionale, entre Rättvik et Leksand, ce qui offre déjà un bel aperçu et donne envie de revenir explorer sa rive nord, plus montagneuse. Ce lac est limpide et semble sans fin. J'ai l'impression de passer ma journée à la mer, la foule en moins.


 



La particularité du Siljan à Rättvik, c'est sa jetée en bois Langbryggan, la plus longue de Scandinavie, qui offre une belle promenade de 628m sur le lac, sans compter le retour !




En rentrant sur Falun, où j'avais mon logement, j'ai décidé de faire un crochet par Tällberg, un petit village hors du temps. C'est là qu'on saisit l'art de vivre à la suédoise. Les adorables maisons en bois sont toutes magnifiquement entretenues et recouvertes de la célèbre peinture rouge "falu", riche en oxyde de cuivre, qui donne cette couleur si typique aux chalets suédois.




Sur les bords du lac, les habitants ont aménagé les berges avec des pontons. Ils prennent du bon temps à l'ombre des bouleaux pendant que les enfants jouent dans l'eau. Voilà, la route qui mène à Tällberg, c'est un peu le pays des Bisounours : des rires de gosses et le chant de la nature. D'ailleurs, on pourrait résumer la Dalécarlie au bonheur de prendre le temps de vivre - et en plein-air surtout. C'est une destination idéale en famille ou pour quiconque ayant envie de renouer avec la simplicité.


Göteborg et la côte Ouest


Après avoir passé près de 2 semaines entre la jolie Dalécarlie et la région sauvage du Dalsland, je vous avoue que j'avais moyennement envie d'aller à Göteborg, si ce n'est pour revoir des amis de longue date qui s'y sont installés.

Je suis un rat des champs qui tourne très vite en rond en ville.

Arrivée donc avec un a priori, je n'ai pas vraiment été séduite lors de ma première rencontre avec la deuxième plus grande ville du pays : un port industriel, une avenue principale sans âme, je ne suis pas vraiment à l'aise. Il faut dire que le ciel moutonneux du premier jour, contrastant avec les journées lumineuses du centre de la Suède, n'a pas aidé.




Hormis le quartier bohème de Haga, avec ses chaleureux cafés et ses boutiques à l'esprit brocante, je ne conseillerais Göteborg qu'à ceux qui courent les musées, ce qui n'est pas mon cas quand je voyage en famille.





L'ambiance change complètement le soir par contre, quand les étudiants prennent possession des lieux. Je me dois d'y retourner un jour, quand les Gotembourgeois ne seront pas en vacances ailleurs, histoire de prendre le pouls de cette ville qui, j'en suis sûre, mérite une seconde chance (d'autant qu'un lumbago persistant m'a bien gâché mon séjour).




Curieusement, je trouve que la vraie force de Göteborg, ce sont ses quartiers résidentiels où la nature se fond complètement dans le paysage urbain. Une biche traversera même le jardin de la maison où je loge dans le quartier d'Askim, c'est dire !

L'immense parc de Slotsskogen est un havre de paix où l'on peut admirer le roi élan avant de se prendre une douceur à la villa Belparc.




Et si vous voulez vous baigner, vous pouvez faire trempette dans le lac Sisjön, agréable et familial, à seulement 10 minutes du centre-ville. Pour les moins frileux, il reste ma Mer du Nord adorée...

C'est d'ailleurs en remontant la Mer du Nord vers la frontière norvégienne que l'on découvre la magnifique côte du Bohuslän. La lumière est étrangement irisée, tout comme ses îlots de granit rose qui parsèment toute la côte Ouest.




Si vous n'aimez pas la foule estivale, sautez à bord d'un bateau d'Hållöfärjan, au départ du port de Smögen, et rendez vous sur l'île d'Hållö en 10 minutes, une réserve naturelle. Vous aurez largement de la place pour vous trouver de gros rochers bien plats et chauffés par le soleil. Moins exposée au vent dans ses criques, la baignade y est envisageable !




Et pour retourner doucement à la civilisation, un phare et une auberge de jeunesse, isolés mais ouverts, se situent au bout de l'île et offrent une vue sur la mer à couper le souffle !

Je parle souvent de "désolation magnifique" quand j'évoque mon Islande. Je pourrais en faire de même avec Hållö, la chaleur en plus (l'été).

Bref, si vous visitez Göteborg un jour, n'oubliez pas que son vrai trésor est sa côte - et ses fabuleux fruits de mer !