Un week-end en Norvège



 

Encore dans le Nord ! Eh oui, mais c'est le Sud qui ne veut pas de moi aussi (et inversement, peut-être).

Pour le long week-end de l'Ascension, j'ai eu envie de faire comme dans les films : prendre un billet d'avion là où il restait de la place, la veille pour le lendemain.

Le hasard, qui fait décidement bien les choses, m'a emmenée à Stavanger en Norvège ! Pourquoi fait-il bien les choses ? Parce que Stavanger n'est pas juste une ville pétrolière ou un port industriel comme on pourrait le croire.

Si je vous dis maisonnettes en bois, plages de sable blanc, mer turquoise et fjord grandiose, vous me suivez ? Récit ici et maintenant !





Passer un week-end à Stavanger, c'était décidément une chance. A peine arrivée dans le petit aéroport de Sola, j'ai récupéré mes bagages et mon véhicule en un temps express, ce qui fait que je me suis retrouvée dans l'adorable vieille ville de Stavanger en tout début d'après-midi. Pas de temps de perdu, ça commence très bien !

"Gamle Stavanger", c'est un labyrinthe de ruelles pavées qui donne sur d'adorables petites maisons en bois, toutes plus mignonnes les unes que les autres. Fin mai, les jardins sont tous fleuris. C'est donc une explosion de couleurs et de parfums délicieux. Ajoutez à ça, le blanc des façades et le bleu du ciel, j'ai l'impression d'être dans une illustration de conte pour enfants !




Et la bonne surprise dans tout ça, c'est que toute la ville est agréable, pas seulement le quartier ancien des cartes postales ! Dans le port sont amarrés les énormes paquebots qui déversent joyeusement leur flot de touristes. Cela reste néanmoins respirable, on n'est pas du tout les uns sur les autres ! Le soleil étant de la partie, les terrasses des nombreux cafés sont pleines, les enfants jouent dans le parc et les habitants papotent gaiement autour de l'étang municipal. Une belle fin de journée qui laisse présager un fabuleux séjour...

Après une bonne nuit de sommeil, direction...la plage ! Bah oui, il n'y a pas que des fjords en Norvège ! Certes, la température de l'eau est frisquette. Pas sûr que beaucoup s'y baignent, même en été. Mais quel régal pour les yeux ! L'eau turquoise et le sable blanc ne sont décidément pas que l'apanage des mers du Sud ! A seulement 15 minutes de voiture de Stavanger se trouvent les plages du Jæren, sauvages, immaculées...et ventées. Pas grave, le sauna scandinave du soir saura bien me réchauffer !




J'attaque ma 3è journée en Norvège. Il serait peut-être temps d'enfiler mes chaussures de rando pour aller me perdre dans la nature, non ?

Allez, direction le Lysefjord et le rocher du Preikestolen ! Ah tiens, je viens de me rendre compte qu'aucune route ne mène directement de Stavanger au fjord le plus célèbre de Norvège. Pas grave, je me rends au port, prends un ferry jusqu'à la ville de Tau et c'est parti mon kiki ! Le ferry fait l'aller-retour 24h/24 et passe toutes les 40 minutes, le temps de la traversée. Pas besoin de réserver, on paie à bord pour sa place et sa voiture. C'est quand même bien pratique, cette organisation nordique...

Une fois garée, l'ascension pour Preikestolen peut commencer. Il est précisé que certaines parties sont difficiles. Pour l'instant, tout va bien. Je longe le fjord à travers forêts et landes de bruyère, pépère.




Première difficulté : le chemin de terre légèrement pentu se transforme en un chemin de pierres grossièrement taillées, inégales. Cela demande beaucoup d'attention : ça serait dommage de se tordre une cheville maintenant. Bon, si c'est ça la partie difficile, franchement c'est fingers in the nose ! Exercice un peu physique mais pas impossible, même pour quelqu'un qui n'est pas habitué à marcher.

Je continue donc ma balade et aperçois au loin un passage abrupt entre deux rocs. C'est drôle, ça me fait penser au col de Caradhras dans le "Seigneur des Anneaux". Plus je m'en approche et plus mon sourire s'efface. Ce sentier est LE chemin d'accès et franchement, c'est raide ! On escalade plus les marches qu'on ne les monte. Mon coeur s'emballe, ma vitesse de croisière ralentit et si je m'arrête, c'est foutu ! Comme ça n'est pas dans mes habitudes de faire marche arrière, je continue vaille que vaille et arrive finalement en haut, haletante, transpirante mais contente !




Pour me remettre de mes émotions, je décide qu'il est temps de me poser un peu. Je viens de regarder la carte et réalise que je ne suis qu'à la moitié du parcours !!! Je ne comprenais pas pourquoi il était annoncé 2 heures de marche pour 4 petits kilomètres, maintenant je sais ! Heureusement que l'astre solaire brille de mille feux - et qu'un bon gros pique-nique m'attend. Honnêtement, sous la pluie, j'aurais peut-être fait demi-tour. J'admire les familles norvégiennes qui passent nonchalamment avec bébés et enfants au bout de chaque bras, sans cris ni pleurs. Costauds, ces Vikings ! Allez, hop ! déjeuner au bord d'un petit lac, ça devrait le faire !




Requinquée, réhydratée, c'est pleine de bonne volonté que je me remets dans la course. Plus j'avance et plus mon coeur bat la chamade. Cette fois, ça n'est pas à cause de mon manque d'endurance mais parce que les paysages deviennent...à couper le souffle ! J'ai une vue plongeante sur le Lysefjord et les reliefs sont de plus en plus escarpés. Ca sent le but final : le rocher de la Chaire, le fameux Preikestolen, approche ! Encore quelques (gros) efforts et je le vois enfin. De loin, j'ai déjà le vertige rien qu'à l'idée de tenter de regarder dans le vide, c'est dire. Et une fois dessus, j'ai beau tenter de le faire, la peur me saisit. Au final, j'ai laissé une dizaine de centimètres de roche entre le précipice et moi, quand d'autres se sont assis, les jambes dans le vide.




Le chemin du retour a aussi été riche en surprises. Voulant aller au plus court, j'ai choisi de rentrer par le sentier "colline" plutôt que par le sentier "falaise". Erreur ! Bien que plus court, la descente est interminable pour les genoux et pas toujours bien balisée. On a vite fait de se perdre. Mais tout effort étant récompensé, j'ai eu le luxe de me retrouver seule en pleine nature pendant au moins 30 minutes, chose qui n'était pas arrivée depuis le départ de cette randonnée. Eh oui, le samedi, c'est comme si toute la Norvège s'y promenait !

Follement amoureuse de l'Islande, je ne pensais pas pouvoir retrouver cette sensation de papillons dans le ventre ailleurs que sur mon île fantastique. C'est chose faite avec la Norvège, pas dans les mêmes proportions évidemment, mais ce sentiment d'être bien en vie, en phase avec les éléments, on peut également le ressentir là-bas.



Et pour faire taire les puristes, non, je n'ai pas vraiment trompé la terre de glace. Les Norvégiens étant aux Islandais ce que les Gaulois sont aux Français, c'est un peu comme si j'y étais allée. Ouf ! mon honneur d'islandophile est sauf.