La petite maison dans le champ de lave



Akureyri


Quand on décide de se rendre en Islande, ce n'est a priori pas pour son architecture mais pour sa nature sauvage. Honnêtement, les villes n'ont pas grand intérêt, hormis le sympathique centre-ville de Reykjavík et celui d'Akureyri, où se concentrent artistes, cafés et boutiques.

Les Islandais ne prêtent pas vraiment attention à l'aspect extérieur de leurs habitations. En même temps, je n'en vois pas trop l'intérêt dans un pays où le vent, la pluie et la neige sont souvent au rendez-vous. De la tôle, un bon coup de peinture colorée et le tour est joué !

Mais comme dans toute l'Europe du Nord, les intérieurs sont vraiment chaleureux. On y passe beaucoup de temps, alors autant qu'ils soient les plus coquets possible.

Les murs et les meubles sont clairs, histoire d'avoir un maximum de lumière, des couvertures en laine sont disposées sur les sièges pour s'enrouler dedans, la bibliothèque est toujours bien fournie et des petits points lumineux sont savamment répartis dans la maison.

On a toujours l'impression d'être dans un magazine de déco !

Dès que l'on sort des villes, la nature est tellement indomptable qu'on peut se demander comment faisaient les Anciens pour survivre dans un environnement aussi hostile. Eh bien ils se sont servis de la nature elle-même pour se protéger des éléments !

Avant de maîtriser la géothermie, qui chauffe désormais maisons et piscines, les Islandais vivaient dans des fermes construites en tourbe et recouvertes d'herbe. Les rares arbres présents sur l'île ayant été détruits par des éruptions ou utilisés par les Vikings norvégiens à leur arrivée, seul ce type de construction a perduré jusqu'à l'époque contemporaine.


Entre Höfn et Djúpivogur


Si cet ancien mode de vie vous intéresse, n'hésitez pas à visiter la ferme de Glaumbær au nord du pays ou le musée de plein air de Skógar, sur la côte sud de l'île. Ces deux lieux sauront mieux que moi vous montrer comment vivaient les insulaires jusqu'au début du XXè siècle.

Bonne visite à vous, petits hobbits !


C'est une péninsule !



Snæfellsnes


On lit souvent dans les guides que la péninsule Snæfellsnes, située à l'ouest de l'Islande, est un condensé de ce que tout le pays a à offrir. Pour avoir parcouru tout le Sud et le Nord de l'île, eh bien c'est vrai !

Montagnes sculptées par l'érosion, fjords, villages de pêcheurs, cascades, champs de lave, etc...On y retrouve tout ça ! Beaucoup de voyageurs y passent quelques heures seulement : j'ai fait le choix d'y rester une petite semaine à l'été 2013, pour avoir le temps de m'imprégner de l'atmosphère de cette terre mystique.



Avant d'y débarquer, un Islandais me racontait que certains croyaient en la présence de forces surnaturelles, quand d'autres étaient persuadés que le volcan Snæfellsjökull était en fait en une piste d'atterrissage pour ovnis...

Ah, les ravages du Brennivín ! Je comprends que les alcools forts n'y soient pas en vente libre.




Mais quelle mauvaise langue je suis ! Pas besoin de se saouler avec cette eau-de-vie pour se sentir effectivement sur une autre planète. J'ai eu un coup de foudre pour une route. Si vous allez à Stykkishólmur, prenez absolument la route 56 qui longe le lac Baulárvallavatn. Les paysages qui s'offrent à vos yeux sont incroyables ! J'ai eu beau les prendre en photo à chaque passage, aucun cliché n'a su rendre l'étrangeté du lieu. Des cratères explosés, une terre rouge qui ressemble à du sable, des champs de lave mordorés...Même sous la pluie, la lumière est argentée, éthérée, comme parée d'une aura divine.




Une expression islandaise dit "Si tu n'aimes pas le temps qu'il fait, attends 1 minute". Je trouve que cela s'applique encore plus à Snæfellsnes. C'est sûrement ce qui en faisait un endroit particulier pour les Anciens. Je me suis vue partir en balade accompagnée d'un bel arc-en-ciel, pour me retrouver sous des trombes d'eau, avant de finir de l'autre côté de la péninsule avec des habits bien trop chauds !




Hasard ou pas, j'ai plusieurs fois constaté durant ma semaine que sa côte méridionale bénéficiait d'un meilleur ensoleillement. Curieux, car cette péninsule fait tout au plus 20km de large ! Bref, un conseil : logez plus sur Arnarstapi qu'à Stykkishólmur, néanmoins adorable, si vous craignez l'humidité.


Stykkishólmur


La région d'Arnarstapi est également superbe ! Le volcan Snæfellsjökull, connu pour être la porte d'entrée du "Voyage au centre de la Terre" de Jules Verne, surplomble toute la région. Il a souvent la tête dans les nuages mais quand son sommet se découvre, le spectacle est époustouflant : la lumière est aveuglante, n'oubliez pas vos lunettes de soleil ! Eh oui, vous êtes aussi sur un glacier...


Snæfellsjökull


Et si vous êtes plus mer que montagne, vous êtes au bon endroit. Il suffit d'en descendre - à cheval, singing I, I youpee youpee I (ou pas) - pour se retrouver dans de mignonnes criques qui font un peu penser à la Bretagne, les orgues de basalte en plus. Les créations artistiques du volcanisme sont partout présentes en Islande !

Et pour vous en rendre compte vous-même, quoi de mieux qu'une jolie vidéo du groupe islandais For a Minor Reflection tournée à Hellnar, à proximité d'Arnarstapi ?


   

Prenez en plein la vue et les oreilles ! Et si vous allez en Islande, même pour un court séjour, n'oubliez pas cette péninsule qui n'est qu'à 2h de route de Reykjavík !

Un week-end en Norvège



Lysefjord
 

Encore dans le nord ! Eh oui, mais c'est le sud qui ne veut pas de moi aussi (et inversement, peut-être).

Pour le long week-end de l'Ascension, j'ai eu envie de faire comme dans les films : prendre un billet d'avion là où il restait de la place, la veille pour le lendemain.

Le hasard, qui fait décidement bien les choses, m'a emmenée à Stavanger en Norvège ! Pourquoi fait-il bien les choses ? Parce que Stavanger n'est pas juste une ville pétrolière ou un port industriel comme on pourrait le croire.

Si je vous dis maisonnettes en bois, plages de sable blanc, mer turquoise et fjord grandiose, vous me suivez ? Récit ici et maintenant !





Passer un week-end à Stavanger, c'était décidément une chance. À peine arrivée dans le petit aéroport de Sola, j'ai récupéré mes bagages et mon véhicule en un temps express, ce qui fait que je me suis retrouvée dans l'adorable vieille ville de Stavanger en tout début d'après-midi. Pas de temps de perdu, ça commence très bien !

"Gamle Stavanger", c'est un labyrinthe de ruelles pavées qui donne sur d'adorables petites maisons en bois, toutes plus mignonnes les unes que les autres. Fin mai, les jardins sont tous fleuris. C'est donc une explosion de couleurs et de parfums délicieux. Ajoutez à ça, le blanc des façades et le bleu du ciel, j'ai l'impression d'être dans une illustration de conte pour enfants !


Gamle Stavanger


Et la bonne surprise dans tout ça, c'est que toute la ville est agréable, pas seulement le quartier ancien des cartes postales ! Dans le port sont amarrés les énormes paquebots qui déversent joyeusement leur flot de touristes. Cela reste néanmoins respirable, on n'est pas du tout les uns sur les autres ! Le soleil étant de la partie, les terrasses des nombreux cafés sont pleines, les enfants jouent dans le parc et les habitants papotent gaiement autour de l'étang municipal. Une belle fin de journée qui laisse présager un fabuleux séjour...

Après une bonne nuit de sommeil, direction...la plage ! Bah oui, il n'y a pas que des fjords en Norvège ! Certes, la température de l'eau est frisquette. Pas sûr que beaucoup s'y baignent, même en été. Mais quel régal pour les yeux ! L'eau turquoise et le sable blanc ne sont décidément pas que l'apanage des mers du sud ! À seulement 15 minutes de voiture de Stavanger se trouvent les plages du Jæren, sauvages, immaculées...et ventées. Pas grave, le sauna scandinave du soir saura bien me réchauffer !


Orrestranden


J'attaque ma 3è journée en Norvège. Il serait peut-être temps d'enfiler mes chaussures de rando pour aller me perdre dans la nature, non ?

Allez, direction le Lysefjord et le rocher du Preikestolen ! Ah tiens, je viens de me rendre compte qu'aucune route ne mène directement de Stavanger au fjord le plus célèbre de Norvège. Pas grave, je me rends au port, prends un ferry jusqu'à la ville de Tau et c'est parti mon kiki ! Le ferry fait l'aller-retour 24h/24 et passe toutes les 40 minutes, le temps de la traversée. Pas besoin de réserver, on paie à bord pour sa place et sa voiture. C'est quand même bien pratique, cette organisation nordique...

Une fois garée, l'ascension pour Preikestolen peut commencer. Il est précisé que certaines parties sont difficiles. Pour l'instant, tout va bien. Je longe le fjord à travers forêts et landes de bruyère, pépère.


Lysefjord again


Première difficulté : le chemin de terre légèrement pentu se transforme en un chemin de pierres grossièrement taillées, inégales. Cela demande beaucoup d'attention : ça serait dommage de se tordre une cheville maintenant. Bon, si c'est ça la partie difficile, franchement c'est fingers in the nose ! Exercice un peu physique mais pas impossible, même pour quelqu'un qui n'est pas habitué à marcher.

Je continue donc ma balade et aperçois au loin un passage abrupt entre deux rocs. C'est drôle, ça me fait penser au col de Caradhras dans le "Seigneur des Anneaux". Plus je m'en approche et plus mon sourire s'efface. Ce sentier est LE chemin d'accès et franchement, c'est raide ! On escalade plus les marches qu'on ne les monte. Mon cœur s'emballe, ma vitesse de croisière ralentit et si je m'arrête, c'est foutu ! Comme ça n'est pas dans mes habitudes de faire marche arrière, je continue vaille que vaille et arrive finalement en haut, haletante, transpirante mais contente !


L'ascension vers Preikestolen


Pour me remettre de mes émotions, je décide qu'il est temps de me poser un peu. Je viens de regarder la carte et réalise que je ne suis qu'à la moitié du parcours !!! Je ne comprenais pas pourquoi il était annoncé 2 heures de marche pour 4 petits kilomètres, maintenant je sais ! Heureusement que l'astre solaire brille de mille feux - et qu'un bon gros pique-nique m'attend. Honnêtement, sous la pluie, j'aurais peut-être fait demi-tour. J'admire les familles norvégiennes qui passent nonchalamment avec bébés et enfants au bout de chaque bras, sans cris ni pleurs. Costauds, ces Vikings ! Allez, hop ! déjeuner au bord d'un petit lac, ça devrait le faire !




Requinquée, réhydratée, c'est pleine de bonne volonté que je me remets dans la course. Plus j'avance et plus mon cœur bat la chamade. Cette fois, ça n'est pas à cause de mon manque d'endurance mais parce que les paysages deviennent...à couper le souffle ! J'ai une vue plongeante sur le Lysefjord et les reliefs sont de plus en plus escarpés. Ca sent le but final : le rocher de la Chaire, le fameux Preikestolen, approche ! Encore quelques (gros) efforts et je le vois enfin. De loin, j'ai déjà le vertige rien qu'à l'idée de tenter de regarder dans le vide, c'est dire. Et une fois dessus, j'ai beau tenter de le faire, la peur me saisit. Au final, j'ai laissé une dizaine de centimètres de roche entre le précipice et moi, quand d'autres se sont assis, les jambes dans le vide.


Preikestolen


Le chemin du retour a aussi été riche en surprises. Voulant aller au plus court, j'ai choisi de rentrer par le sentier "colline" plutôt que par le sentier "falaise". Erreur ! Bien que plus court, la descente est interminable pour les genoux et pas toujours bien balisée. On a vite fait de se perdre. Mais tout effort étant récompensé, j'ai eu le luxe de me retrouver seule en pleine nature pendant au moins 30 minutes, chose qui n'était pas arrivée depuis le départ de cette randonnée. Eh oui, le samedi, c'est comme si toute la Norvège s'y promenait !

Follement amoureuse de l'Islande, je ne pensais pas pouvoir retrouver cette sensation de papillons dans le ventre ailleurs que sur mon île fantastique. C'est chose faite avec la Norvège, pas dans les mêmes proportions évidemment, mais ce sentiment d'être bien en vie, en phase avec les éléments, on peut également le ressentir là-bas.



Et pour faire taire les puristes, non, je n'ai pas vraiment trompé la terre de glace. Les Norvégiens étant aux Islandais ce que les Gaulois sont aux Français, c'est un peu comme si j'y étais allée. Ouf ! mon honneur d'islandophile est sauf.


Un amour volcanique




J'aime les volcans. Cela n'aura échappé à personne. Que ce soit en France métropolitaine, en Italie, en Islande ou aux Antilles , il y a souvent un p'tit volcan au programme de mes vacances !

Le volcanisme donne et retire la vie sur Terre, il crée des reliefs incroyables et des couleurs extraordinaires !




À force de m'auto-organiser des speed dating avec ces êtres chauds bouillants, j'ai fini par rencontrer l'élu. Il se nomme Hverfjall et se situe au Nord de l'Islande. Pourquoi lui ? Parce qu'il est différent !

Contrairement au Vésuve ou à la Soufrière, on ne le voit pas à des kilomètres à la ronde. Il est presque plat et son ascension se fait en quelques minutes de marche à peine ! C'est comme un gros tas de graviers rigolo à grimper !




Une fois là-haut, je n'avais tout simplement plus envie d'en redescendre et je n'étais visiblement pas la seule ! On s'y pose, on bavarde en prenant le soleil ou on en fait le tour comme on fait sa balade du dimanche.

Fascinée par son côté lunaire, j'en avais presque oublié de me retourner pour admirer le paysage : une vue majestueuse sur le lac Mývatn ainsi que sur le col Námaskarð qui franchit la montagne Námafjall et ses fumerolles cachées juste derrière !




Voilà. Comme toutes les belles personnes, il est lui aussi bien entouré ! C'est mon coup de coeur de l'été 2013 et assurément l'un des endroits indispensables à découvrir pour les prochains qui iront en Islande !