La honte d'une vie


Vous avez déjà ressenti de la honte, cet horrible sentiment qui vous donne envie de disparaître dans la chambre magmatique du Katla ? J'en suis spécialiste. Mais depuis que j'ai des rides, je l'assume complètement - ou du moins mieux qu'avant. Je l'assume tellement que j'ai décidé de vous raconter la honte de ma vie.

Ce n'était pas cette fois où mon front a rencontré un lampadaire, non, non. Ce n'était pas non plus la fois où un conférencier m'a demandé d'arrêter de glousser dans un amphithéâtre archicomble.

Non, ma plus grosse honte, c'est d'avoir découvert le groupe Sigur Rós à 32 ans, quelques semaines seulement après mon retour d'Islande, leur patrie...

Parce que Sigur Rós, c'est notre Edith Piaf, le Jacques Brel des Belges, l'Elvis Presley des Américains ! Bref, un monument.




J'aimerais vous épargner les clichés gnan-gnan pour décrire leur musique mais rien d'autre ne me vient à l'esprit que "le feu sous la glace". Ouais, Sigur Rós, c'est ça. C'est un volcan subglaciaire qui bouillonne gentiment et explose sans crier gare. C'est l'impression d'être pris dans une avalanche qui dévale une pente au ralenti et dont on ne ressort pas indemne. C'est un son organique, un rythme orgasmique.

Si un jour je meurs, je veux qu'on éparpille mes cendres quelque part là-haut, en s'explosant les tympans sur Popplagið, parce qu'aucun autre morceau ne me fait sentir aussi vivante.

Ceci est officiellement ma dernière volonté. Mais avant, je retournerai en Islande.


Bande-annonce de "Heima", film musical sur Sigur Rós