Ils descendent de la montagne...


Stekkjarstaur, Giljagaur, Stúfur, Þvörusleikir, Pottaskefill, Askasleikir, Hurðaskellir, Skyrgámur, Bjúgnakrækir, Gluggagægir, Gáttaþefur, Ketkrókur et Kertasníkir. Non, je ne suis pas en train de vous énumérer les noms des héros du prochain film de Peter Jackson. Quoiqu'ils passeraient bien à l'écran, ces 13 drôles de frères. Je vais lui soumettre l'idée.

Ces noms un peu bizarres sont ceux des 13 "jólasveinar", les lutins de Noël islandais, qui vont venir chahuter petits et grands dès aujourd'hui et ce jusqu'au 25 décembre.

C'est qu'ils ont tout compris les Islandais ! Plutôt que d'attendre patiemment la longue nuit de Noël, quand le soleil ne brille pas plus de 5h par jour, quoi de mieux que faire la fête tous les soirs et avant tout le monde ? Car chaque lutin a sa journée de gloire. Un à un, ils quittent le foyer familial des hautes terres pour venir jouer de vilains tours aux Islandais.

Ainsi, Þvörusleikir viendra lécher vos cuillères le 15 décembre quand Pottaskefill et Askasleikir finiront goûlument vos fonds de marmites et écuelles les deux jours suivants. Hurðaskellir prendra un malin plaisir à claquer les portes pendant votre sommeil le 18. Et si vous n'avez pas de rideaux, Gluggagægir vous épiera certainement par la fenêtre une bonne partie de la soirée du 21 décembre.

Bons joueurs, ils laisseront néanmoins un souvenir dans la chaussure que vous aurez posé la veille sur un rebord de fenêtre : un cadeau pour les plus sages, une patate pourrie pour les méchants !

Alors, à votre avis ? Qu'allez-vous recevoir cette nuit ?  En tout cas, si vous êtes gentils en 2014, je vous parlerai de leurs ogres de parents !

Gleðileg Jól ! Joyeux Noël !




La honte d'une vie


Vous avez déjà ressenti de la honte, cet horrible sentiment qui vous donne envie de disparaître dans la chambre magmatique du Katla ? J'en suis spécialiste. Mais depuis que j'ai des rides, je l'assume complètement - ou du moins mieux qu'avant. Je l'assume tellement que j'ai décidé de vous raconter la honte de ma vie.

Ce n'était pas cette fois où mon front a rencontré un lampadaire, non, non. Ce n'était pas non plus la fois où un conférencier m'a demandé d'arrêter de glousser dans un amphithéâtre archicomble.

Non, ma plus grosse honte, c'est d'avoir découvert le groupe Sigur Rós à 32 ans, quelques semaines seulement après mon retour d'Islande, leur patrie...

Parce que Sigur Rós, c'est notre Edith Piaf, le Jacques Brel des Belges, l'Elvis Presley des Américains ! Bref, un monument.




J'aimerais vous épargner les clichés gnan-gnan pour décrire leur musique mais rien d'autre ne me vient à l'esprit que "le feu sous la glace". Ouais, Sigur Rós, c'est ça. C'est un volcan subglaciaire qui bouillonne gentiment et explose sans crier gare. C'est l'impression d'être pris dans une avalanche qui dévale une pente au ralenti et dont on ne ressort pas indemne. C'est un son organique, un rythme orgasmique.

Si un jour je meurs, je veux qu'on éparpille mes cendres quelque part là-haut, en s'explosant les tympans sur Popplagið, parce qu'aucun autre morceau ne me fait sentir aussi vivante.

Ceci est officiellement ma dernière volonté. Mais avant, je retournerai en Islande.


Bande-annonce de "Heima", film musical sur Sigur Rós