L'Eyaquoi


Merci à toi, ô grand Eyaquoi, d'être entré en éruption le 20 mars 2010.

Merci à toi, ô grand Eyaquoii, d'avoir cloué au sol des milliers d'avions, d'avoir privé de vacances des millions de voyageurs, d'avoir complètement paralysé le commerce international, d'avoir entraîné des catastrophes climatiques, des famines, des révolutions. Euh, non, pardon, je crois que je m'emballe (toute confusion avec une éruption datant de 1783 serait purement fortuite)

Oui, sans toi, ô grand Eyaquoiii, jamais mon désir de découvrir ta maison n'aura été aussi fort. Les images de ta toute puissance qui remet l'homme à sa place de microbe auront sur moi l'effet d'un électrochoc, celui qui te sort brutalement d'une trop longue léthargie. Parce que quelques mois seulement après ton réveil, ô grand Eyaquoiiii, je foulerai enfin le sol qui t'a vu naître.

Et plutôt qu'un banal sacrifice humain pour te prouver mon amour indéfectible, j'ai choisi une vraie difficulté. J'ai choisi d'apprendre à prononcer et à écrire correctement ton nom, ô toi, grand Eyjafjallajökull.



Ma première fois


On se souvient tous de sa première fois.

Ma première fois, c'était en 98, dans le salon de mes parents, sur l'immonde canapé gris à fleurs. Pas top, hein ?! Mais bon, on ne choisit pas toujours le cadre, pour sa première fois. Oh là, mais non, mais non, ne vous méprenez pas ! Ce n'est pas de cette première fois là dont je vais vous parler, mais de la première fois où j'ai découvert...l'Islande ! Un pays magique dont personne ne semble connaître l'existence à part les fans de Björk. Je me souviens aussi de ma première fois avec Björk, tiens ! C'était en 94, dans un immonde bus gris avec des sièges à fleurs. Pas top, hein ?! Mais bon, je crois que je suis en train de me perdre dans les landes du peuple caché !

Revenons à nos moutons islandais. Assise sur le canapé susnommé, un dimanche d'ennui de fille unique, je décide de me visionner l'émission enregistrée la veille sur mon gros magnéto dernier cri : "Björk, étoile des neiges". Je m'attendais à regarder un documentaire musical sur la petite elfe du glacier. J'y ai découvert des images qui allaient changer ma vie à jamais.

"We live on the moutain, right at the top, this beautiful view from the top of the moutain, every morning I walk towards the edge...".

Tout a simplement commencé de cette façon, par les premières paroles de la chanson "Hyperballad" et les images d'un iceberg qui fond lentement, d'une montagne écorchée par l'érosion, d'un glacier black-blanc-bleu et de plages de sable noir à perte de vue. Choc visuel ! Le paradis existe donc vraiment !? Re-choc et cassage de mes clichés de Francilienne déprimée par la routine : si le paradis se situe effectivement sur une île loin de mon immonde canapé gris à fleurs, ce n'est pas du tout sur une île tropicale du calendrier des PTT, mais au 66° nord.

De cet excellent reportage diffusé sur Arte s'en est suivi des achats compulsifs de tout ce qui avait trait à l'Islande. Une boulimie de disques, de revues et de livres, en attendant patiemment de rencontrer l'élue.




Patiemment, oh que oui, parce ce qu'il m'aura finalement fallu 13 ans pour poser le pied sur l'île aux mille volcans. Mais quand la première fois est aussi marquante, on reste fidèle toute sa vie - même si elle a commencé sur un immonde canapé gris à fleurs, dans le salon de mes parents.


Björk, étoile des neiges