Mon palliatif à l'Islande



Mon sixième retour en Islande a lieu dans moins de 2 mois. J'en piaffe d'impatience car je souffre d'une maladie dont je ne connais pas le nom: je ne supporte pas la routine. Plus les années passent et plus ça devient difficile à vivre, vraiment.

Au quotidien, j'ai souvent l'impression de perdre mon temps, qui plus est enfermée dans un bureau. Mon esprit est toujours ailleurs qu'à l'endroit où sont mes pieds. C'est le problème avec Thulé: une fois qu'on a goûté à son adrénaline, l'ennui est ensuite partout au tournant.

Alors dès que j'ai du temps libre, je pars, je vole, n'importe où mes ailes et mon portefeuille peuvent m'emmener !

Pour ce long week-end de la Toussaint, j'ai eu besoin de respirer un bon bol d'air frais, envie de marcher dans la nature, de casser le rythme anesthésiant et abrutissant du "auto-boulot-dodo".

Quelle autre destination française que l'Auvergne pouvait donc combler mes attentes d'amoureuse des volcans ?




Arrivée le 29 octobre au pied du Puy de Dôme, j'ai pris le train du Panoramique des Dômes pour accéder au sommet, à 1415 mètres d'altitude. J'aurais pu économiser 12€ en optant pour l'ascension à pied mais j'ai gardé mes forces pour grimper le massif du Sancy le lendemain.

La vue est splendide et malgré le vent, il fait bon. Quelle météo exceptionnelle pour une fin de mois d'octobre !



Une plateforme a été aménagée et permet d'apercevoir Clermont-Ferrand dans la vallée, perdu dans un brouillard tenace. Le contraste est saisissant entre la ville embrumée et l'ensoleillement optimal de la Chaîne des Puys tout là-haut ! Pas besoin de luminothérapie en montagne !

Une petite balade au sommet permet d'admirer le panorama à 360° de la Chaîne des Puys et de Clermont-Ferrand donc, mais aussi celui de la plaine de la Limagne et du massif du Sancy.

S'il y avait un peu de monde, c'est resté gérable pour la sociopathe qui sommeille en moi.






Après une bonne nuit de repos dans la jolie ville thermale de La Bourboule, direction le Mont-Dore d'où part bon nombre de randonnées dans le massif du Sancy. Attention, le parking est payant et l'horodateur n'accepte pas les cartes bancaires. Pensez à vous munir de monnaie sonnante et trébuchante !

J'ai choisi volontairement de faire l'ascension à pied et de prendre le téléphérique pour redescendre, pensant que cela serait plus facile pour mes genoux fatigués. Erreur !

Si la distance au départ de la station pour rejoindre le Puy de Sancy à 1886 mètres ne fait que 3 kilomètres, le dénivelé est terrible pour ceux qui ne marchent pas souvent.




Cela m'a rappelé mon week-end en Norvège, quand j'ai eu cette idée folle de rejoindre à pied le rocher de la Chaire, le célèbre Preikestolen !

Je n'ai pas regardé l'heure mais à vue de nez, il m'a fallu 1h30 et un pique-nique pour atteindre le toit de l'Auvergne. Mais une fois là-haut, c'est comme un accouchement: on oublie l'effort et la douleur !




La vue est vertigineuse et les plaines s'étendent à perte de vue. J'ose le dire: l'Auvergne n'a rien à envier à l'Islande en terme de reliefs ! Les similitudes sont très marquées par endroit, si ce n'est la présence d'arbres et une température printanière en octobre ! Je ne crois pas que mon île fantastique puisse rivaliser avec 19 degrés en plein automne...




Avec le recul, je crois que j'aurais dû monter en téléphérique et marcher le long des crêtes du massif du Sancy, une fois arrivée là-haut sur la plateforme. Je n'avais plus de jus pour m'avaler à nouveau les quelques kilomètres annoncés et pourtant, la balade s'annonçait plus riche en sensations fortes que le chemin parcouru jusque-là, somme toute assez banal pour une ascension.


Balade le long des crêtes


Paradoxalement, la promenade qui m'a laissé le souvenir le plus marquant, c'est celle autour du lac Pavin. Pas pour ses pics à flanc de montagne ou son air vivifiant mais pour la beauté de ses couleurs !

La balade autour du lac ne prend qu'une heure et le sentier est facile. Je vous recommande quand même le port de bonnes chaussures, ce que je n'ai pas fait alors que j'en portais la veille... Ma cheville très fragile (elle "plie" régulièrement, NDLR) n'a pas du tout apprécié les petits cailloux vicieux, les pentes pourtant légères et l'effort que ça demande sans qu'on s'en rende vraiment compte. Pour le reste, cet endroit est féérique ! L'eau est bleu-nuit dans l'ombre, turquoise dans la lumière !




C'est en fait un lac de cratère adossé au Puy de Montchal, le plus jeune volcan de France. Son nom viendrait du latin "Pavens" qui signifie "épouvantable" et serait ainsi à l'origine de nombreuses croyances.

Ma légende préférée est celle d'une cité engloutie par la colère de Dieu, parce qu'habitée par des gens de petite vertu. Il se dit que parfois, au fond de l'eau, résonne encore le clocher du "Sodome et Gomorrhe" auvergnat....brrrr.

Rassurez-vous, je n'y ai vu que des eaux aux couleurs changeantes, une forêt elfique aux reflets dorés ainsi que des arbres noueux et leurs racines aux airs de trolls.

S'il y avait des forêts en Islande, sûr qu'elles ressembleraient à ça !